J'ai passé 15 jours à suivre mon horoscope et ça m'a donné envie d'en savoir plus

TEST Tout le monde lit son horoscope d'un oeil plus ou moins attentif le matin. Nous avons décidé de l'écouter vraiment pour voir ce que ça donnait...

Thomas Weill
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Une carte du ciel indique l'emplacement des planètes et étoiles au moment de la naissance, la base pour établir des prédictions en astrologie. La mienne ressemblerait à ça.
Une carte du ciel indique l'emplacement des planètes et étoiles au moment de la naissance, la base pour établir des prédictions en astrologie. La mienne ressemblerait à ça. — astrotheme.fr

« Votre résistance a ses limites. Votre fatigue prend le dessus. Vous êtes arrivé au point de rupture. » Ah. La journée s’annonce mal pour les gémeaux. Dommage, puisque comme depuis deux semaines, j’ai décidé de suivre au maximum les conseils de mon horoscope, afin de savoir ce que ça allait m’apporter.

En l’occurrence, quelques gueules de bois (« ne refusez pas les invitations, sortez et voyez du monde » m’intimait l’horoscope de Elle), beaucoup de retard au travail (merci  20 Minutes et son « tout surmenage sera à éviter »), et une faim de loup (grâce à Elle encore qui m’ordonnait « ne vous goinfrez pas »). Autre conséquence, mon budget mensuel a été entamé par les sorties répétées, et la « cure de vitamines C » conseillée par les astres et par horoscope.fr (à raison de 5€ les 25cl de jus d’orange, avoir la pêche coûte vite cher). Si sur le plan personnel mon expérience n’a pas été très concluante, elle m’a surtout donné envie d’en savoir plus sur cette tradition.  

Piocher dans le positif

Comme moi, la plupart des gens qui lisent des horoscopes choisissent librement les conseils qu’ils vont suivre. C’est le cas de Laure, 25 ans, et amatrice des horoscopes de la presse magazine. « Ca m’amuse et m’intrigue cette hypothétique corrélation entre les astres et nos vies. Je ne suis pas convaincue de leur fiabilité, mais quand l’horoscope est positif, ça a tendance à me booster, et m’encourager dans ce que j’entreprends », explique la jeune fille. Les conseils qu’elle suit le plus sont ceux se rapportant au travail. « Un bon horoscope pro peut m’aider à être plus imaginative et force de proposition au boulot », assure-t-elle.

Il s’agit du but des horoscopes si j’en crois mon collègue Benjamin. Quand il est arrivé à 20 Minutes, il a écrit des horoscopes pendant trois mois, donc je suis allé lui poser quelques questions. « Je recevais des tableaux d’un centre de prévision, et j’écrivais mon horoscope en fonction des notes qu’il y avait pour chaque signe astrologique, se souvient-il. Il faut tout le temps être positif, même quand il y a une mauvaise note. » L’objectif, faire du bien aux gens, leur faire penser à autre chose en leur donnant « des conseils de mamie ». D’ailleurs sa technique pour que l’horoscope parle à tout le monde était d’écrire « comme à un pote dépressif dont tu ne connais pas trop la vie. Tu ne peux pas faire de blagues, et quoi que tu dises il risque de se mettre à pleurer. Donc tu marches sur des œufs ».

Ne pas confondre horoscope et astrologie

Jusque là, je ne croyais pas spécialement dans les horoscopes, me disant simplement que certains conseils pouvaient ne pas être si mauvais. Mais devant le cynisme de mon collègue, j’ai décidé d’en avoir le cœur net, et d’appeler l’astrologue parisienne Catherine Lyr. « Les horoscopes sont là pour faire vendre dans la presse », commence-t-elle sans ambages. Et Benjamin de confirmer : « Nous recevons infiniment plus de réactions négatives des lecteurs si nous ne publions pas l’horoscope qu’en écrivant une énormité. »

 

 

 

« Jour par jour, un horoscope n’a aucun intérêt, poursuit l’astrologue. Il y a des milliards de possibilités, l’astrologie doit être pratiquée sur mesures. » Sans hésiter, je lui donne toutes les informations dont elle a besoin pour établir ma carte du ciel, la base de la prédiction astrologique : ma date, heure, et lieu de naissance. « Vous êtes très peu marqué par le signe gémeau, m’apprend-t-elle. Donc les prévisions des horoscopes vous parleront encore moins. Votre ascendant est à 99% capricorne, qui est très différent du gémeau. » Elle continue à me délivrer des informations sur mon caractère. A ma propre surprise, elle n’a pas tort : « vous êtes un épicurien, à l’intelligence très pragmatique ». C’est tout moi ça. D’ailleurs, cela expliquerait que je n’ai retenu des horoscopes que des gueules de bois à répétition.

Né sous une bonne étoile

Peut-on se fier à l’astrologie pour autant ? « Nous dressons les cartes du ciel de naissance grâce aux éphémérides. Ce livre établi par la NASA répertorie la position des planètes jour par jour, mois par mois, et année par année. », répond Catherine Lyr, catégorique. Pour expliquer l’impact des astres sur notre vie, elle cite en exemple la Lune « qui a une influence sur les humeurs. L’humain reconnait que la Lune a un effet sur nous parce qu’il est visible, sur les marais par exemple c’est très vérifiable. Et même si on ne voit pas les autres planètes, elles ont tout de même un effet. Sans le système solaire nous ne pourrions pas vivre, et il n’y a pas plus concret que le système solaire », martèle mon astrologue.

Je ne suis pas convaincu par la démonstration, il s’agit sans doute de mon côté cartésien. Mais, j’y pense, elle avait découvert que j’étais quelqu’un de pragmatique. Elle m’avait aussi dit aussi dit que de septembre 2016 à septembre 2017, j’allais « acquérir des connaissances pour progresser dans [ma] direction, de très bons augures professionnels ». Après tout pourquoi pas. Certes les horoscopes ne reposent sur pas grand-chose. Mais suivre l’exemple de Laure et me laisser booster par les conseils pour potes dépressifs de la presse ne peut pas faire de mal. Peut-être même suis-je en train de réconcilier horoscope et astrologie et me servant du premier pour confirmer les analyses de Catherine Lyr. Et ça aussi, ce serait de très bon augure.