Star Wars : « La Croisade noire du Jedi fou », l’épisode VII qu’on ne verra jamais

CULTE Considérée comme l’une des meilleures déclinaisons en livres de Star Wars, la trilogie écrite par Timothy Zahn a été écartée de l’histoire canonique de la saga…

Joel Metreau

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R2D2 et Z-6PO dans Le Retour du Jedi.
R2D2 et Z-6PO dans Le Retour du Jedi. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Bien avant que JJ Abrams ne livre son Réveil de la force, il existait déjà une suite aux épisodes IV, V et VI de Star Wars. Mais elle n’a pas été retenue pour devenir un film. Sortie à partir de 1991, la trilogie La Croisade noire du Jedi fou (ou Thrawn Trilogy en anglais), que forment les romans L’Héritier de l’Empire, La Bataille des Jedi et L’Ultime commandement, poursuit les aventures de Luke Skywalker et de ses compagnons, et restera à jamais une alternative à la saga. Autorisée par LucasFilms, elle appartient à « l’univers étendu » de Star Wars. Soit toutes ces histoires et trames qu’ont développées comics, livres, jeux de rôles et jeux vidéo après 1984 et la sortie du Retour du Jedi. 20 Minutes a contacté des fans pour qu'ils nous expliquent comment La Croisade noire du Jedi fou est devenue une oeuvre adulée et respectée.

On les croyait inspirés par George Lucas

« Cette série est considérée comme une des meilleures de l’univers étendu de Star Wars, d’abord parce qu’elle a été écrite par Timoty Zahn, un bon auteur de science-fiction, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher dans cette trilogie », explique Exar Kun, membre du site de fans Star Wars Holonet. L’écrivain américain, aujourd’hui âgé de 64 ans, avait notamment gagné en 1984 le prestigieux Prix Hugo du roman court (pour Cascade Point).

« Même s’ils ne sont pas les premiers romans Star Wars, La Croisade noire du Jedi fou est perçue comme la trilogie fondatrice de l’univers étendu de la saga, remarque Adrien du site Star Wars Universe. Ils ont longtemps été considérés comme la suite officielle des épisodes IV, V et VI, ils ont d’ailleurs une ampleur cinématographique, on a l’impression que les vaisseaux percent les pages. D’ailleurs, beaucoup de fans pensaient que les romans avaient été inspirés par les idées de George Lucas pour de prochains films. »

L'amiral Thrawn, le méchant de la trilogie

L’Héritier de l’Empire, le premier livre, commence cinq années après les événements de l’épisode VI : Dark Vador et l’empereur Palpatine ont été vaincus, la Nouvelle République est en passe d’être instaurée, la princesse Leia et le contrebandier Han Solo se sont mariés... Pendant ce temps, un personnage mystérieux cherche à reprendre le pouvoir sur l’Empire, c'est l’amiral Thrawn.

« La force de cette trilogie, c’est d’avoir créé ce personnage de méchant presque parfait, un génie de la stratégie », raconte Adrien de Star Wars Universe. « On trouve aussi de nouveaux personnages attachants, comme Mara Jade, tellement bien réalisés que d’autres auteurs les ont réutilisés », ajoute Exar Kun de Star Wars Holonet. Mara Jade deviendra par ailleurs la future épouse de Luke Skywalker. Ils eurent même un fils ensemble… Et le Jedi fou dans tout ça ? Un clone « instable » de Jedi…

Adapté en comics par des Français

Dans la foulée des romans, La Croisade noire du Jedi fou a adapté en comics sous le nom Le Cycle de Thrawn, (l’intégrale est aujourd’hui disponible chez Delcourt). En 1995, l’éditeur de comics américain Dark Horse avait recruté deux Français, Olivier Vatine et Fred Blanchard, pour illustrer l’histoire du premier volume. Contacté par 20 Minutes, Fred Blanchard se rappelle que l’éditeur « voulait un style à l’européenne, notamment avec des décors plus fouillés ». Du roman, il conserve plutôt « une lecture pénible, comme un chemin de croix ». Si les gens de Dark Horse s’étaient montrés comme de « vrais branleurs », il loue en revanche « le soutien indéfectible de Lucasfilms ».

« Trop grand, trop compliqué et parfois trop contradictoire »

Après la revente de la franchise à Disney, le canon Star Wars a été revu en avril 2014 de manière à supprimer des incohérences. Adieu La Croisade du Jedi fou, adieu les rêves de le voir adapté en film, d’autant plus qu’il aurait fallu se passer du casting original, trop âgé pour incarner les héros. Peu après, dans un AmaReddit, même Timothy Zahn admet que « l’univers étendu de Star Wars est juste trop grand, trop compliqué et parfois trop contradictoire ».

Sont désormais considérés comme canons les deux premières trilogies au cinéma ainsi que les séries d’animation The Clone Wars et Rebels et toutes les productions qui suivront, comme le spin-off Rogue One ou encore le jeu mobile Star Wars Insurrection. Tout ce qui a précédé est labellisé « légendes ».

Les fans veillent à son intégrité

La trilogie poursuit donc sa vie à part et vient d’être rééditée début novembre par Pocket. Et les fans continuent de veiller sur son intégrité. Son résumé, qui qualifie l’amiral Thrawn de « César de Carnaval » en a agacé plus d’un. Sur Amazon.fr, l’un commente : « L’éditeur Pocket nous montre une fois de plus son total désintérêt pour ce qu’il édite et pour la communauté des fans de Star Wars en général. La personne qui a écrit ce synopsis lamentable a-t-elle vraiment lu le livre ? depuis quand l’excellent antagoniste de cette épique trilogie de livres est-il un « César de Carnaval que l’on ne prend pas au sérieux » ? » Un autre lui répond : « Le résumé (comprenant cette expression « César de carnaval »…) est tout simplement celui de la première édition Pocket… qui date des années 90, quand l’univers étendu Star Wars n’en était qu’à ses débuts ! » Légendes d’un côté, canon de l’autre. Les deux univers cohabitent désormais ensemble.

Une suite « officielle » à l’épisode IV

Premier livre d’une trilogie qui commence juste après l’épisode VI (il sera publié en France chez Pocket, le 25 février 2016 sous le titre Star Wars Riposte), Un roman « officiel » est sorti le 4 septembre aux Etats-Unis : Star Wars Aftermath, écrit par Chuck Wendig. Ce livre a été accueilli assez froidement par les fans, certains détestant le style, d’autres se plaignant qu’il ait mis en scène des personnages gay dans la saga. A ces derniers, l’auteur, qui se déclare également fan de l’œuvre de Zahn, a répondu : « Vous êtes l’Empire totalitaire et oppresseur ! »