Orelsan rejugé pour provocation à la violence envers les femmes

JUSTICE Ce mercredi, la cour d'appel de Versailles se prononcera sur huit textes polémiques du rappeur...

20 Minutes avec AFP
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Orelsan, le 8 mars 2012.
Orelsan, le 8 mars 2012. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Où s’arrête la création artistique et ou commence la provocation à la violence ? C’est ce que devra déterminer la cour d’appel de Versailles ce mercredi au sujet de huit textes d’Aurélien Cotentin, alias Orelsan, interprétés lors d’un concert parisien en 2009.

Le rappeur est poursuivi par cinq associations féministes pour injure et provocation à la violence envers les femmes. Des phrases, telles que « Ferme ta gueule ou tu vas t’faire marie-trintigner » et « Renseigne-toi sur les pansements et les poussettes, j’peux t’faire un enfant et t’casser le nez sur un coup de tête », figurent parmi celles qui ont défrayé la chronique.

En 2013, l’artiste de 33 ans avait été condamné à 1.000 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris qui avait considéré la phrase « Les féministes me persécutent (…), comme si c’était d’ma faute si les meufs c’est des putes », comme une injure sexiste. Pour les phrases citées plus haut, il avait été reconnu coupable de « provocation à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur sexe ».

« Une œuvre fictive »

Un an plus tard, la cour d’appel de Paris avait jugé que les poursuites étaient prescrites, sans se prononcer sur le fond du dossier. Une décision annulée par la cour de cassation quelques semaines plus tard, au motif que la cour d’appel ne pouvait « prononcer d’office la prescription de l’action publique sans avoir permis aux parties d’en débattre ». D’où ce troisième procès.

Face aux magistrats de la cour d’appel, Orelsan avait répété que les textes litigieux représentaient « 2 % du concert », « une œuvre fictive », qui raconte « une histoire précise dans un contexte précis ». Ses phrases ont été « coupées », sorties de leur contexte, et ce n’est pas lui qui s’exprime mais les personnages de ses chansons, avait-il argumenté.

Poursuivi une première fois par l’association Ni putes ni soumises pour sa chanson Sale pute, qui avait suscité une vive polémique en 2009, Orelsan avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris en juin 2012. Ce mercredi, Orelsan devrait être présent au procès.