Un jour, Yohan sera le meilleur dresseur

Portrait A 28 ans, Yohan est fan de Pokémon. Il nous raconte comment il a été séduit par les créatures et sa partipation au championnat du monde...

Thomas Weill

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Armé de sa Nintendo 3DS et de son stylet, Yohan, fan de Pokémon est allé affronter d'autres joueurs au championnat du monde en août dernier.
Armé de sa Nintendo 3DS et de son stylet, Yohan, fan de Pokémon est allé affronter d'autres joueurs au championnat du monde en août dernier. — T. Weill / 20 Minutes

« J’ai toujours rêvé d’avoir un dragon sous la main, qui t’obéit et qui combat pour toi », raconte Yohan Pagonakis. A défaut de pouvoir réaliser son rêve dans la vraie vie, cet infographiste de 28 ans l’a fait par l’intermédiaire d’une Gameboy dans sa jeunesse, et aujourd’hui grâce à sa Nintendo 3DS. Cette passion pour Pokémon l’a emmené jusqu’au championnat du monde.

Jeter sa pokéball, voir apparaitre un monstre dans un éclat de lumière, et lui faire lancer des attaques spectaculaires pour mettre son adversaire au tapis, voilà à quoi ressemble un combat Pokémon. Voilà aussi ce qui a séduit Yohan quand il était enfant. « Quand les premiers jeux sont sortis, la version rouge et bleue, j’avais autour de 11 ans. Je ne connaissais pas du tout la série, mais je me souviens du dragon sur la version rouge, Dracaufeu. Je le trouvais beau alors je me suis laissé tenter, c’était une très bonne surprise », se rappelle le pokémaniaque.

Tout gamin, il était fan de monstres et autres dinosaures, donc forcément « le concept me parlait beaucoup ! », explique-t-il avec enthousiasme. Ce qui lui plait le plus ? « Le combat, l’univers, les monstres inspirés d’animaux... C’est difficile à décrire, c’est un tout ! » Il se remémore avec un sourire nostalgique les codes de triche qu’il utilisait pour « trafiquer la cartouche et augmenter le niveau de [son] Poké au niveau 170 au lieu de 100 », soit le niveau maximal.

Aujourd’hui, Dracaufeu est toujours le Pokémon fétiche de ce joueur invétéré. « J’ai même une casquette à son effigie que ma copine m’a offerte », s’amuse-t-il. En août dernier, il s’est rendu à Boston aux Etats-Unis pour affronter d’autres joueurs en réseaux au championnat du monde. Pour le « world » comme il l’appelle, Yohan avait d’ailleurs pris sa créature favorite dans ses pokéballs.

 

Dracaufeu est le Pokémon préféré de Yohan. Il l'avait dans son équipe pour le championnat du monde où le niveau des créatures est plafonné à 50. - T. Weill / 20 Minutes

 

Il se battra sans répit

L’infographiste était la seule personne de plus de 18 ans à représenter la France au tournoi mondial. Un « rêve de gosse » qu’il a pu vivre grâce au soutien des membres de l’association Pokémon Rhône-Alpes (PRA) dont il fait partie. « J’ai toujours voulu faire une compétition comme on peut le voir dans le dessin animé, face à d’autres joueurs. Je n’avais pas les moyens pour y aller, mais Jérémy (fondateur de PRA, ndlr.) a décidé de lancer une cagnotte pour me financer. Quand j’ai vu l’enthousiasme que les membres de l’association avaient, j’avais encore une autre bonne raison d’aller à Boston, pour leur faire plaisir ». La compétition est l’un des aspects de Pokémon qui plaît particulièrement à Yohan. Cela lui permet de « prolonger l’expérience et s’intéresser à Pokémon à un autre stade ».

Résultat, il s’est entraîné. Beaucoup. « Pour créer une équipe, il faut trouver sa synergie, ce qui nécessite de jouer au moins 1 à 3h par jour, et encore plus la veille d’une compétition pour retrouver ses automatismes », décrit-il. Tout cet entraînement lui a permis de battre l’Américain vice-champion du monde 2014. Une grande fierté, qui a été de courte durée. « Après ce combat, je me suis fait laminer ! » avoue-t-il en riant.

 

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C’est notre histoire !

Heureusement pour lui, la compétition ne fait pas tout dans son amour pour les montres de poche.  « L’année dernière avec le soutien de Nintendo, PRA a pu organiser le Pokémon Day Lyon, une journée pour tous les amateurs de la licence. Chaque membre de l’association a son souvenir particulier de l’événement. Pour moi c’est cet enfant timide qui n’osait pas s’inscrire au tournoi. Son père était là pour le soutenir, il lui disait "regarde je ne sais pas jouer, mais je m’inscris, on s’en fout !". On était content de pouvoir partager Pokémon avec tout ce monde », se réjouit le jeune homme.

Après sa déception au « world », Yohan compte bien se rendre à San Francisco en août 2016 pour concourir au prochain championnat du monde. Dans ce but, il a déjà participé à plusieurs tournois de qualification où il a marqué des points. Armé de sa 3DS et de son stylet comme il pourrait l’être de pokéballs, Yohan fera « tout pour être vainqueur, et relever les défis ». Ce ne sont pas ses mots, mais bien ceux du générique du dessin animé. Mais Yohan a tout pour devenir le meilleur dresseur.