« Zaï zaï zaï zaï » couronné par la critique de la bande dessinée

BD L’’Association des critiques et journalistes de BD vient de décerner son Grand Prix à l'album multi-récompensé de Fabcaro…

Olivier Mimran

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«Zaï zaï zaï zaï» (extrait)
«Zaï zaï zaï zaï» (extrait) — Fabcaro & éditions 6 Pieds sous terre 2015

Déjà récompensé du Prix Ouest-France au festival Quai des bulles 2015, du Prix « Coup de coeur » Landerneau BD 2015, sélectionné pour la 12e édition du prix Polar SNCF, Zaï zaï zaï zaï, le dernier album de Fabcaro, vient donc de recevoir le Grand Prix de l’ACBD (association des critiques et journalistes de bande dessinée). Une véritable consécration pour ce récit un peu foutraque - mais absolument hilarant - qui, le bouche à oreille aidant, avait déjà emporté un surprenant succès public (10 000 exemplaires vendus, un record pour les « petites » éditions 6 Pieds sous terre).

Présenté comme un mix de road-movie et de fait divers, Zaï zaï zaï zaï raconte comment le destin d’un père de famille sans histoire vire au cauchemar après qu’il eut oublié sa carte de fidélité dans un gand magasin. Confondu pour ce crime ô combien répréhensible, le héros - qui est auteur de BD - prend la poudre d’escampette pour échapper à un l’ire d’un vigile. Lequel prévient la police, qui traquera l’infortuné papa dans toute la région… avant que les médias ne s’emparent de l’affaire ! Dès lors, c’est la nation toute entière qui retient son souffle !

En s’éloignant de sa production habituelle (il dessine généralement des gags, avec un trait assez rond et des personnages type « gros nez »), le montpellierain Fabcaro, qui est auteur de bande dessinée depuis plus de dix ans, semble enfin avoir rencontré son public. Pourtant, si son Zaï zaï zaï zaï est dessiné sur un mode plus réaliste, il est, comme ses prédecesseurs, empreint d’un humour tendant à l’absurdité. Sauf qu’à cette recette s’ajoute ici une critique - inspirée - de la société contemporaine, friande de sensationnel et toujours apte à distiller des jugements à l’emporte-pièce.

En primant Zaï zaï zaï zaï, l’ACBD récompense donc l’un des albums les plus audacieux et réjouissants de l’année. Et nous sert une idée de cadeau de Noël sur un plateau.

« Zaï Zaï Zaï Zaï », par Fabcaro - éditions 6 Pieds sous terre, 13 euros

Pour mémo
 

Les quatres autres titres encore en lice pour le Grand Prix de la critique ACBD 2016 étaient :

  • Catharsis, de Luz (Futuropolis)
  • Ici, de Richard McGuire (Gallimard)
  • Le Piano oriental, de Zeina Abirached (Casterman)
  • Tungstène, de Marcello Quintanilha (Çà et là)