A 20 ans, Pikachu plait toujours autant

TENDANCE Lancé en 1996 au Japon, la licence Pokémon séduit toujours autant petits et grands, grâce à de nombreux produits dérivés...

Thomas Weill

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Jeux vidéos, cartes, films, dessin animés, figurines... La licence Pokémon a bénéficié d'une campagne marketing cross média inédite pour un jeu vidéo.
Jeux vidéos, cartes, films, dessin animés, figurines... La licence Pokémon a bénéficié d'une campagne marketing cross média inédite pour un jeu vidéo. — Hadj/Sipa

« La marque Pokémon est devenue aussi importante que Disney », annonce Loup Lassinat-Foubert, coauteur de Génération Pokémon : 20 ans d’évolution. D'ailleurs tout porte à penser que les sapins de Noël seront garnis de créatures. 20 ans, 721 Pokémon, 18 films, plus de 800 épisodes du dessin animé, 25 jeux principaux sortis rien que sur les consoles portables de Nintendo et 7 sur consoles de salon, écoulés à 260 millions d’exemplaires d’après les chiffres de la Pokémon Company de 2014… Les produits Pokémon sont nombreux et variés, en témoigne la sortie du jeu Pokémon Rumble World le 22 janvier prochain sur Nintendo 3DS. Retour sur le succès étonnant de la franchise lancée en février 1996 au Japon, qui continue aujourd’hui de séduire plusieurs générations de Pokémaniaques.

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« Le jeu était très novateur à l’époque. Pouvoir capturer les monstres et se faire une équipe avec était un gameplay nouveau », évoque l’auteur. A aujourd’hui 27 ans, Jérémy Andrivon, fan de la première heure lorsque le jeu est arrivé en France en 1999, le confirme. « C’était génial, ça n’existait pas un jeu comme ça à l’époque, dans un univers étendu. Ça n’existait pas », insiste-t-il avec enthousiasme. Ce type de jeu a d’ailleurs trouvé une console idéale dans la Game Boy, à laquelle la licence japonaise a donné « un vrai second souffle », ajoute Loup Lassinat-Foubert.

 

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Le marketing cross-médias

La façon inédite de jouer, couplée à « une opération communication sans précédent pour un jeu vidéo » explique pour Loup Lassinat-Foubert le succès initial de la franchise. D’une part, Satoshi Tajiri, le papa de Pokémon, a su exploiter le bouche-à-oreille avec la rumeur d’un Pokémon secret, Mew, présent dans le premier jeu sorti. D’autre part, de nombreux produits dérivés accompagnent très tôt l’essor de Pikachu et consorts sur le marché. « Il y avait une émulation entre chaque type de produit, chacun s’adressant à une population différente. Le dessin animé était pour un public plus jeune, les cartes à jouer plus pour des « geeks ». Mais il faut savoir que tout ramène au jeu vidéo qui est le point central, et qui est prévu pour tous les publics », analyse l’auteur de Génération Pokémon.

 

En France, la licence s’est d’abord fait connaître par le dessin animé. « L’univers du dessin est atemporel, le héros, Sacha, a toujours 10 ans depuis le début de la série il y a 18 ans. Le dessin est très didactique. » Il est donc facile pour les enfants de se mettre à regarder le dessin animé puisque les clés de compréhension de l’univers leur sont toujours données.

Apprécié des petits comme des grands

Du haut de ses 8 ans, Esteban est bien d’accord : « j’aime bien regarder les dessins animés, ça m’apprend certaines choses ». Quoi comme choses ? « Bah comment combattent les Pokémon ! ». Lui comme son frère Matys, âgé de 9 ans, collectionnent aussi les cartes. « Je pense qu’on en a environ 350. J’aime bien le dessin des cartes, et puis on peut faire des échanges avec », confie l’aîné.

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La licence véhicule des valeurs, « l’entraide, le goût de l’effort, l’amitié », et « la violence des combats est mise en perspective. Par exemple les Pokémon ne meurent pas, ils sont justes K.-O. », déclare Loup Lassinat-Foubert. Conséquence, les parents voient l’univers d’un bon œil, ce qui entretien le succès auprès des jeunes générations.

 

Mais la fan base de Pokémon aujourd’hui n’est pas uniquement constituée par les plus jeunes. Jérémy Andrivon a d’ailleurs fondé l’association Pokémon Rhône-Alpes (PRA) en 2013, pour réunir toute une communauté de Pokémaniaques, de 12 à plus de 30 ans autour de discussions ou de compétitions de cartes ou de jeux vidéo.

 

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« Je suis encore fan aujourd’hui, confie-t-il. C’est un vrai bonheur de découvrir les nouveaux jeux et Pokémon, de repartir à l’aventure. Il y a un côté nostalgique. Et ce qui nous intéresse c’est la dimension stratégique, avoir les bons Pokémon, la bonne équipe. Certains sont aussi motivés par l’aspect collection. » Après tout, le slogan Pokémon était bien « attrapez-les tous ! ». Mais une question demeure : Bulbizarre, Carapuce ou Salamèche ?