Les conseils aux végétariens pour un Noël zen

repas Toutes les astuces pour vous armer face aux remarques provocantes et aux chapons farcis...

Coralie Lemke

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Cuisiner soi-même permet de faire découvrir de nouvelles saveurs aux autres.
Cuisiner soi-même permet de faire découvrir de nouvelles saveurs aux autres. — TAVALLAL

Alors, tu ne veux pas manger un peu de ce bon foie gras ? « Tous les ans à Noel, j’ai droit aux mêmes questions insistantes de ma famille », raconte Caroline, jeune maman résidant à Marseille. En tant que végétarien, les fêtes peuvent être une période délicate. Face aux remarques ou au regard furieux de votre mère qui a mis des heures à cuisiner une pintade, mieux vaut vous armer de ces quelques conseils.  

Ne pas miser sur les accompagnements

Si c’est votre premier Noel en tant que végétarien, évitez les erreurs de débutants. Qui dit Noel dit repas de fête. De la dinde au gibier, le plat principal se compose traditionnellement de viande et il ne vous restera pas grand-chose à manger sur la table. « Du coup, si rien n’est prévu, on doit parfois se nourrir uniquement des accompagnements. C’est quand même vraiment triste », raconte Elodie Vieille Blanchard, présidente de l’association végétarienne de France. Si vous ne préparez pas le terrain, vous devrez vous contenter de haricots à l’ail et de purée de pommes de terre.

Apporter des alternatives

Pour avoir un repas varié et qui convient à tout le monde, apporter des produits chez votre hôte peut être une solution. Pauline, végétarienne et membre de l’association L214, préfère passer au supermarché avant d’arriver. « J’amène du caviar d’aubergine ou des substituts comme le pâté végétal à partager avec tout le monde au moment de l’apéro. Ce sont des aliments que l’on trouve au supermarché. Pour un repas de fête, on peut aussi apporter du faux gras. » Avec la même consistance que le foie gras, le faux gras est composé de champagne et de truffe. Attention tout de même à ne pas froisser la personne chez qui vous arrivez avec votre propre nourriture. Pensez à lui passer un coup de fil avant pour la prévenir que vous lui donnez un coup de main pour le repas.

Préparer quelques phrases d’explications

Vous vous en doutez, il sera difficile de s’assoir à table et laisser le foie gras de côté sans avoir droit à quelques questions de la part de votre entourage.  Pour expliquer sa démarche sans créer de polémique, Elodie Vieille Blanchard a préparé quelques phrases simples. « Je sais dans quelles conditions ça a été fabriqué. Du coup, ça ne me fait plus envie. Je n’ai pas envie d’encourager la souffrance animale.» Une remarque qui peut déjà chiffonner l’hôte. Pour l’amadouer, complimentez-le sur son dé-li-cieux velouté de légume.

Organiser Noël chez vous pour être tranquille

Deux avantages à convier les autres chez soi pour les fêtes. D’une part, vous maîtrisez le menu et d’autre part, vous pourrez même rallier des gens à votre cause. « La cuisine végétarienne est loin d’être triste. Vous pourrez faire découvrir de nouvelles saveurs à votre entourage. Un bon moyen aussi pour leur montrer qu’être végétarien n’est pas une restriction », conseille Marie Laforêt, auteur du livre de cuisine Noël vegan. Dans son livre, elle propose des recettes gourmandes comme les cannellonis à la courge butternut et à la ricotta ou les ravioles aux champignons et aux noix. Des recettes qui feront autant saliver les végétariens que les carnivores.

Conseiller aux autres d’approfondir leurs connaissances

Pour que le repas se passe du mieux possible, essayez d’argumenter sans être lourd. Après trois ans de végétarisme, Caroline en a déjà vu de toutes les couleurs à table. « Au début je faisais du prosélytisme mais maintenant c'est toujours les mêmes débats qui reviennent, ça devient ennuyeux. J'évite donc les questions. Je ne cherche à convaincre personne ». A ceux qui insistent, elle conseille de se documenter d’abord, en regardant par exemple le documentaire l’Adieu au steak, un documentaire de Jutta Pinzler diffusé par Arte. Une façon habile de remettre le débat à plus tard. Et si vous êtes à court d’idées pour faire diversion, demandez donc à l’invité le plus casse-pied de quel côté il se positionne dans le conflit israélo-palestinien.