Cet hiver, les spiritueux français se refont la cerise

TENDANCE Les alcools forts tricolores ont la cote, et se consomment surtout en cocktails…

Marion Buiatti

— 

Les cocktails alcoolisés réalisés uniquement avec des produits français tirent leur épingle du jeu dans les bars.
Les cocktails alcoolisés réalisés uniquement avec des produits français tirent leur épingle du jeu dans les bars. — Quinn Dombrowski / Flickr

Faisons fi de la vodka russe, du whisky écossais ou même du rhum cubain. Désormais, la France se fait une spécialité de ces spiritueux habituellement fortement marqués par une identité étrangère. « Il y a trente ans, on ne produisait pas de vodka en France alors qu’aujourd’hui, la vodka française, notamment premium, a pignon sur rue et s’exporte », intervient Jean-Pierre Cointreau, porte parole de la Fédération française des spiritueux (FFS).

Un savoir-faire ancestral

Si consommer français n’a plus rien d’original concernant l’alimentation ou la mode, c’est le contraire pour les spiritueux. En témoignent la renaissance d’alcools oubliés telle l’absinthe, de marques mythiques ou encore de liqueurs. « Ce qui est intéressant en France c’est qu’on a déjà une bonne base en ce qui concerne les spiritueux. On n’a pas besoin d’inventer des choses, mais de les réinventer », informe Romain Le Mouellic, co-fondateur du bar à cocktails 100% français Le Syndicat (51 Rue du Faubourg Saint-Denis à Paris Xe).

En effet, la France est traditionnellement un pays d’alcool. Notre savoir faire en matière de spiritueux « est une excellence reconnue depuis longtemps. D’autant plus que la réglementation française stricte garantit une production d’une extrême qualité », note le porte parole de la FFS.

Des ambassadeurs locaux

Ce savoir-faire, comme la haute couture dans la mode, a donc été naturellement repris et transcendé par la jeune garde des barmans « bleu blanc rouge ». A Paris, niche des concepts d’aujourd’hui qui deviendront grand public demain, les bars où l’on ne sert que de l’alcool tricolore se développent. C’est le cas de l’établissement A La Française (50 Rue Léon Frot à Paris XIe), emmené par Stephen Martin. « C’est un créateur extraordinaire, commente Jean-Pierre Cointreau. Son exemple montre bien que la vague des cocktails venue des Etats-Unis est l’autre acteur de l’essor des spiritueux français. »

« Son style est assez retro puisqu’il reprend d’anciennes recettes de cocktails français. Au Syndicat, on est plutôt ‘‘casse-code’’ et avant-gardiste », explique Romain Le Mouellic. Mais les « coq-tails » ne sont pas l’apanage des parisiens. En province aussi, les bars proposent de plus en plus de produits français. C’est le cas de L’Alchimiste à Bordeaux, du Comptoir de la Bourse à Lyon ou encore du Parfum à Montpellier. Une tendance qui botte Alfred de Musset en touche. Désormais, le flacon, avec modération, importe !

Le whisky, star des alcools forts

En 2014, les whiskies représentaient 38,7% des alcools consommés en France selon la Fédération française des spiritueux (FFS). Si la majorité des bouteilles de cette eau de vie est importée, et que l’on peut voir un certain engouement pour sa production japonaise, le whisky tricolore n’est pas en reste. « Sa production se développe beaucoup », constate-t-on chez Le Syndicat. A ce jour, « 19 distillateurs en fabriquent dans l’hexagone », informe Jean-Pierre Cointreau, porte parole de la FFS.