Salon du livre de Montreuil: Pourquoi les bébés ont aussi droit à de vrais livres

KIDS Pages, mots d’auteurs et dessins d’artistes séduisent dès la naissance…

Anne Kerloc'h

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Rêves de bébé illustré
Rêves de bébé illustré — Caters News Agency/SIPA

Il y a le livre qui fait plouf dans le bain, celui qui fait waf waf, celui qui ne dit rien mais qui est tout doux, il y a le succès des livres à rabats (Imite nos bruits chez Castor/Flammarion) des imagiers sonore comme ceux de Gallimard Jeunesse

Mais il existe aussi des ouvrages pour bébés qui n’ont pour eux que leurs pages et leurs images. Alors que le Salon du livre de Montreuil s’est ouvert cette semaine, un constat s’impose : les éditeurs sont de plus en plus enclins à proposer de la « vraie littérature » dès la naissance. Et voilà pourquoi ils ont bien raison.

Parce que les bébés sont des lettrés

Claire, éducatrice en crèche et maman de deux enfants a convaincu ses collègues de laisser les ouvrages en libre accès chez les bébés. « Le livre est rassurant : on y retrouve toujours les mêmes images et les mêmes mots. A mon sens, il est important de lire le texte et rien que le texte sans commenter. Une histoire bien écrite se suffit à elle-même ». C’est ainsi avec un parti pris littéraire affirmé que Thierry Dedieu a lancé au Seuil Jeunesse la collection « Bon pour les bébés ». « On trouve naturel de faire écouter de la musique classique à un nourrisson. Si on l’éveille avec du Bach, pourquoi ne pas l’éveiller avec du Proust ? » Ou de l’Edmond de Rostand : un des titres-phare de la collection reprend la tirade du Nez de Cyrano. A déclamer à l’heure du goûter.

Parce qu’ils sont amateurs d’art

« Le livre éveille doucement l’enfant à l’art visuel », souligne Claire. Et sachez-le, les bébés ont un goût très sûr : plus Keith Haring qu’art pompier, plus Picasso que peintre du dimanche. « Le nourrisson a une vision qui s’affine en grandissant, les contrastes noir sur blanc, ou blanc sur noir sont les mieux perçus les premiers mois. » Cartier-Bresson et Soulages, choupinou vous aime. Au fil de l’eau, ils apprécient aussi la puissance chromatique, les images fortes. La mollesse visuelle ? Pas pour eux !

Les imagiers de tableaux, les reproductions d’œuvre en art contemporain sont des succès qui font baver. Au sens strict. « Il mettra le livre à la bouche pour découvrir sa texture et son goût car à cet âge tout passe par l’oralité souligne Claire, mais si l’adulte l’accompagne dans sa découverte, il respectera le livre et se contentera de le 'goûter' »

Parce qu’ils ne sont pas snobs

« Lorsque qu’un enfant est seul à observer un livre, il est concentré et l’expression de son visage est intéressante et amusante à observer », sourit Claire. Si les livres qui représentent des visages d’enfants, voire des miroirs où se refléter, les ravissent….

 

…  ils veulent avant tout « tout voir, tout connaître, tout appréhender du monde, le champ de l’imagination créative est infini avec eux » s’enthousiasme Thierry Dedieu. Au point qu’un des ouvrages de sa collection reprend… l’énoncé du Théorème de Pythagore. Intellos les marmots !

 

Bibliobébé

Abonnement Bébémax (Ecole des Loisirs), proposé en crèche

Beaucoup de beaux bébés, David Ellwand (Ecole des Loisirs)

La boîte des Papas, Alain Le Saux (Ecole des Loisirs)

Collection « Bon pour les bébés » (Seuil Jeunesse)

Blanc sur Noir, Tania Hoban (Ecole des Loisirs)

Noir sur Blanc, Tania Hoban (Ecole des Loisirs)

L’art des bébés (Palette)

Une journée chez bébé, Virginie Aladjidi et Caroline Pellissier (Palette)

Petite main, petit pouce, Martine Perrin (Seuil Jeunesse)

Collection « Les petits chaussons », Rue du Monde

Hourra ! Juliette Binet (Le Rouergue)

Abris, Emmanuelle Houdard (Les Fourmis Rouges)

A La Campagne, Albertine et Germano Zullo (La Joie de Lire) (et A La Mer, En Ville...)

Collection Tout-petits photos (La Joie de Lire)

L’album d’Adèle, Claude Ponti, Ecole des Loisirs