Des poteaux transformés en tablette apéro

Metropolis A Marseille, Adrien a conquis plusieurs bars et restaurants avec son invention...

Caroline Delabroy

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La tablette poTo transforme les potelets en petite table.
La tablette poTo transforme les potelets en petite table. — Luce Berhonde

Ils seraient plus de 350 000 à Paris, 100 000 à Marseille ou encore 50 000 à Bordeaux. Tantôt droits, tantôt boules, tantôt bombés, ces « potelets » font partie du quotidien de nos villes, sans que l'on y prête vraiment attention. Posés là, sur les trottoirs, pour empêcher le stationnement sauvage des voitures. Il n'a pas fallu longtemps pour que le street-art s'en empare, à l'image du graffeur Cyklop qui leur apporte couleurs et regards.

A Marseille, le créateur Adrien, 31 ans, leur a imaginé une toute autre fonction : la tablette apéro PoTo. Fabriqué en bois, de taille variable et amovible, ce guéridon se pose et s'enlève en trois secondes chrono. Surtout, il s'adapte à tous les types de poteau. Bref, l'objet idéal pour un verre ou un repas sur le pouce, d'autant qu'il est aussi équipé de deux crochets pour accrocher un sac ou un vêtement. « Ce qui m'a intéressé dans cette démarche, c'est le côté greffe », explique Adrien, qui aime l'idée de « réagir à une contrainte, à quelque chose d'existant ». De fait, le poteau devient un élément structurant – le pied de la table – qui supporte cet « objet malicieux », cela « sans apporter de nuisance supplémentaire », souligne son inventeur.

Jeu à bascule

Dans sa palette de mobilier urbain escamotable, il y a aussi un jeu à bascule pour enfants, une table façon pique-nique, des sièges à deux. Toujours en bois, pour « la chaleur et le côté durable du matériau », et « le contraste avec le gris du macadam et des poteaux ». « Je m'intègre dans une tendance d'architectes et d'urbanistes qui sont dans ces questions de l'éphémère et rêvent d'une rue qui libère les possibles et qui soit moins monolithique dans ses usages », poursuit Adrien. Il se défend cependant de toute posture utopique, préférant « une approche pragmatique ».

Reste que l'idée d'une terrasse ambulante est séduisante, à une époque où l'apéro devient quasi un acte militant. Si tout à chacun peut acquérir une telle tablette (à partir de 80 € environ), l'objet a pour le moment surtout séduit les bars et restaurants. A Marseille, on peut notamment les voir dans le quartier de la Plaine devant les restaurants Le Quinze (lui a une longue tablette) et La Pause, le bar Le Jean Jaurès ou encore le glacier L’Éléphant rose à pois blancs. Il suffit d'ouvrir l’œil : la tablette passerait presque inaperçue tant elle se fond dans l'air ambiant.