Paul Belmondo: «"Belmondo par Belmondo", c'est la vie de mon père, sa version de sa vie»

VOUS INTERVIEWEZ Le fils de Jean-Paul a répondu aux questions des internautes sur le documentaire et le coffret DVD/Blu-ray «Belmondo par Belmondo»...

Charlotte Murat

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Paul Belmondo en chat à la rédaction de 20 Minutes, le 2 décembre 2015.
Paul Belmondo en chat à la rédaction de 20 Minutes, le 2 décembre 2015. — Charlotte Gonthier/20 Minutes

Le chat est maintenant terminé. 

Ce documentaire a représenté quasiment deux ans de travail. Cela a été un vrai plaisir de partager avec mon père, mais aussi ma mère et tous ses amis. Le documentaire se trouve dans ce coffret avec 10 films importants. C’est une belle chose pour lui. C’est sa vie, sa version de sa vie.

YellowArmy: Vous avez commenté les 24 heures du Mans pour Eurosport jusqu’à l’an passé. Cela vous tenterait de commenter plus régulièrement les sports automobiles (sur cette chaîne ou une autre)? 

Je fais le Mans depuis plusieurs années. Et je participe aux Spécialistes, sur Canal+. Cela fait partie des choses que j’aime faire. Le sport auto est une passion pour moi. De venir et pouvoir commenter sur la F1, cela m’amuse et cela me fait plaisir. Cela me permet de rester à jour avec ce qu’il se passe dans le monde auto.

gege83: Bonjour. Seriez-vous prêt à faire les 24 H TT? 

Je l’ai déjà fait :) Pourquoi pas les refaire? Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup moins le temps de me consacrer à ce type de projets. Car ma priorité aujourd’hui, c’est le théâtre.

Fab63 : En 2007, vous avez participé à L’Isola dei famosi, une version italienne de Koh Lanta avec des célébrités. Aimeriez-vous rééditer l’expérience en France si on vous le proposait?

Non ! Cette aventure là, je l’ai réalisé une fois. C’était une belle aventure. J’ai été jusqu’au bout. Mais c’est le genre de chose que l’on ne fait qu’une fois. Je ne le referai pas. C’est très important pour moi, lorsqu’on participe à une émission comme ça de réaliser que ça reste un jeu.

Bruno: Bonjour Paul. Comment peut on choisir 10 films, et selon quels critères, parmi tous ceux tournés par votre père ? Merci de votre réponse. 

Justement ! C’est très difficile. Car il y en a beaucoup qui n’ont pas été choisis et qui mériteraient d’y être. Les disques ont été vraiment choisis et voulus. Nous avons aussi eu certains problèmes de droits. Mais pour moi, il n'y a pas 10, mais 25 films majeurs dans la carrière de mon père.

André: Bonjour Paul. A quand une Nuit Bébel, dans un cinéma Parisien, pour avoir le plaisir de retrouver sur grand écran, les plus grands films de votre père ? Merci et bonne journée. 

Ce serait une très bonne idée. Je suis tout à fait d’accord. Il pourrait y avoir un jour ce type d’événements au Grand Rex, par exemple. Quand on revoit ses films, notamment sur grand écran, c’est toujours fantastique.  

irafik: Etre le fils d’un monument tel que votre père qui a joué avec toutes les star (Ventura , Delon, Gabin, Girardot, Deneuve, etc) vous a-t-il servi ou desservi dans la vie de tout les jours? Et regrettez-vous de ne pas avoir suivi la même carrière?

Je suis toujours parti du principe qu’il vaut mieux être le fils de Belmondo que quelqu’un de pas connu pour réussir dans la vie. J’en suis conscient. Même si tout n’est pas facile. Mais avec la vie que j’ai eu, je n’ai vraiment pas le droit de dire que c’était difficile.

l'as des as: Bonjour Paul. A quand une nouvelle apparition de votre père au cinéma? Merci

Cela dépend de lui. Si un jour il y a un vrai projet qui correspond à l’homme qu’il est aujourd’hui, et à ses envies. Cela peut se faire. Je pense qu’il ne dirait pas non. Mais il n’ira jamais faire du cinéma, pour faire du cinéma. Ça c’est sûr.

Corinne: Est-ce difficile de filmer son père tout en gardant un oeil de réalisateur?

Je ne suis pas le réalisateur, le réalisateur c’est Régis Mardon. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile. Le premier jour où j’ai commencé, c’était au musée Paul Belmondo à Boulogne, et ce n’était pas facile. Mais au bout de cinq minutes, c’est devenu une conversation, et un vrai plaisir d’y participer. Après, ce qui a été difficile, c’est toute la partie montage, avec Ursula Lesiak. C’était un travail énorme, car sa carrière est très riche (entre les archives à l’INA, ce qu’on a tourné et ses 80 films).

Corinne: Avez-vous eu des difficultés à convaincre votre père de passer de nouveau devant la caméra?

Cela n’a pas été facile, oui ! Ce n’est pas qu’il voulait pas, c’est qu’il ne comprenait pas pourquoi il était nécessaire de faire un film sur lui. C’est après quelques déjeuners avec mon oncle, ma tante, qu’on a réussi à lui faire comprendre que c’était important que ce soit lui qui puisse raconter sa vie. Et que ne soit pas les autres. Finalement, il a eu envie de donner sa version de l’histoire.

Marge : Quelle est la qualité de votre père qui vous rend le plus fier?

Il y en a une qui nous a été transmise par notre grand-père, c’est qu’on a rien sans travail. On est obligé de travailler. Mon père représente le mieux cela. Car c’est quelqu’un qui a un jeu. On a l’impression qu’il est très décontracté, mais derrière cela il y a des années de conservatoire, de théâtre. C’est un travail énorme.

Karl: Bonjour, j’ai deux questions. Peut-on imaginer vous voir au théâtre ou au cinéma avec Anthony Delon? Et comment expliquez-vous le lien très particulier que votre père a conservé avec le public? Merci 

Avec Anthony, oui c’est tout à fait possible. On a déjà eu des projets ensembles. Même si c’est toujours compliqué d’associer deux noms de “fils de”. Mais pourquoi pas? En tout cas, moi cela me ferait plaisir. Les liens entre les deux sont évident. Nos pères ont été les deux grandes stars du cinéma français. Avec d’un côté une vraie rivalité, mais un vrai respect entre les deux. Que ce soit àpropose de leur carrière, de leur talent.

En ce qui concerne la deuxième question, les films de mon père passent régulièrement à la télé. Je pense que les parents montrent les films aux enfants. Et comme ce sont des films d’aventure, les jeunes accrochent. Il y a toute une génération qui a grandi avec lui, et forcément, ces gens là ont mis leurs enfants devant ses films.

Max: Bonjour Paul. Quelle rencontre vous a le plus marqué durant le tournage de votre documentaire? Merci à vous.

En fait, il y a deux choses. Toutes ont été importantes. Chaque intervenant m’a dit des choses très intéressantes. Donc cela m’a marqué, que cela soit Rochefort ou Vernier. Même si je les connais depuis que je suis enfant. Mais la rencontre avec Ubiracy de Oliveira, le cireur de chaussures dans L’homme de Rio était émouvante. Car mon père ne l’avait pas vu depuis le tournage du film. Cela reste un moment important.

Marie-André: Bonjour Paul. Aimeriez-vous avoir un projet au cinéma ou au théâtre avec votre père ? Comment est né l'idée de ce documentaire ? Merci et bonne journée.

Bien sûr j’aurais bien aimé avoir un projet avec lui. De jouer au cinéma avec lui. Cela pourrait être encore possible. J’ai joué dans deux films: Itinéraire d’un enfant gâté et Les Misérables, mais sans scènes avec lui. J’aimerais beaucoup avoir une scène avec lui. Mais quelque part, avoir fait ce documentaire, c’était aussi de partager des moments et d’être avec lui, à l’écran. L’idée est venue justement par rapport à la question précédente, entres autres, tellement de gens me demandent des nouvelles de lui… C’était important que lui intervienne, et parle.

Soleil: Comment va votre père? Est qu'il est heureux? Est-il en bonne santé? Est-ce qu'il travaille toujours?

Il va bien ! C’est l’introduction du documentaire, car c’est une question que l’on me pose souvent. Il est heureux et profite de la vie. Il vit comme un homme retraité aujourd’hui. Même s’il a eu des ennuis de santé, même s’il en garde des séquelles, il vit très très bien. Ce n’est vraiment pas quelque chose qu’il fait sentir aux autres. Bien au contraire.

Gael69: Bonjour Paul. Grâce à ce parcours, avez-vous l'impression d'avoir découvert une autre facette de votre père et non de l'acteur?
C’est pas forcément une autre facette que j’ai découvert avec ce parcours. Ce qui m’a surpris et qui était incroyable, c’est qu’il n’avait aucune nostalgie, partout où on a été. Au contraire, il avait beaucoup de joie à retrouver les lieux et endroits de sa vie. Et il était heureux de faire partager ce moment là. On pourrait penser qu'on a de la nostalgie à regarder en arrière, mais lui pas du tout. Il était très heureux d’avoir fait tous ces films. Je le connaissais très optimiste, mais pas comme ça, de n’avoir aucun regrets.

Annabelle: Bonjour. Votre père fait partie du patrimoine du cinéma français. Nous avons grandi avec ses films. Parmi sa filmographie, quel est votre film préféré et pour quelles raisons? Merci

C’est très difficile pour moi, et je pense aussi pour beaucoup de choisir un film. Car il y a plusieurs périodes dans sa carrière. Il y a bien sûr A bout de Souffle. Car c’est le film qui l’a lancé et qui a révélé son jeu d’acteur. Ensuite, il y a L’homme de Rio, car c’est de là que le personne Belmondo va naître. L’acteur comique, cascadeur… Il y a aussi Le Professionnel, car dans toute la série de films qu’il a fait à succès, c’est l’un des plus réussis. Il y a aussi Le Magnifique, car il joue les deux rôles. Et il y a un côté dérision avec le personnage de Bob Sinclar. Et le dernier, c’est Itinéraire d’un enfant gâté.

Eleonore: Bonjour Paul. Avez-vous appris une anecdote durant la préparation ou sur le tournage de votre film? Merci !

Anecdotes, oui. La plus surprenante pour moi, on était rue Saint-Benoît. On parlait des débuts de sa carrière au théâtre. J’étais persuadé que les premières pièces qu’il avait joué, c’était avec Bedos au conservatoire. Mais ses premières pièces étaient avant ça, il avait joué dans des maisons de retraite. Je ne le savais pas.

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Présentationdu chat

Si son truc, c’est plus la course automobile, le cinéma n’est jamais très loin. Paul Belmondo, fils de Jean-Paul, a embarqué son père pendant un an sur les lieux des tournages qui ont marqué sa carrière. Le père s’est laissé filmer par le fils et ça a donné Belmondo par Belmondo.

Ce documentaire figure dans le coffret DVD/Blu-ray* du même nom, qui regroupe les dix films emblématiques de « Bébel », choisis par l’acteur lui-même (A bout de souffle, Pierrot le fou, Le Professionnel, L’as des as, etc). Le documentaire sera également diffusé sur TF1 entre le 15 et le 30 décembre.

* Belmondo par Belmondo, Studiocanal. Coffret DVD : 59,99 euros. Coffret Blu-ray : 69,99 euros.

 

Le coffret DVD/Blu-ray « Belmondo par Belmondo ». - Studiocanal

 

>> Paul Belmondo sera à la rédaction mercredi 2 décembre à 12h pour répondre aux internautes. Vous pouvez envoyer votre question en remplissant le formulaire ci-dessous.