Zmiya: «Inviter les jeunes au voyage à la découverte»

FESTIVAL Interview des jeunes Nantais de Zmiya aux Escales de Saint-Nazaire...

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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Ambiance nocturne au festival des Escales de Saint-Nazaire, en août 2007.
Ambiance nocturne au festival des Escales de Saint-Nazaire, en août 2007. — Benjamin Chapon/20minutes

Les jeunes Nantais de Zmiya, coup de cœur du festival des Escales de Saint-Nazaire, on enchanté le public nazairien avec leur electro-world inspirée. Rencontre avec son leader, Jérôme Ettinger.

C’est quoi Zmiya?
L’essence du groupe, c’est de mixer les musiques actuelles et traditionnelles, faire du dub avec de la vielle à roue, de l’électro avec un oud… Au départ, il y a six ans, ça partait un peu dans tous les sens, on n’était trop nombreux et c’était le bordel. Il a fallu recentrer, épurer, aller à l’essentiel.

Vous jouez de beaucoup d’instruments exotiques sur scène. Comment avez-vous appris à les manier?
On joue sur des instruments traditionnels comme de jeunes occidentaux. Par exemple, j’ai appris la double clarinette égyptienne, l’arghul. La pratique de cet instrument est en train de disparaître là-bas et je suis un des seuls blancs à en jouer. Même si je n’en jouerai jamais comme un vieil Egyptien, je m’accroche. Je suis allé plusieurs fois en Egypte pour m’imprégner de l’atmosphère. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire…

Ça ne s’est pas toujours passé comme vous le vouliez?
L’année dernière, avec le groupe, on devait enregistrer un album en 20 jours au Caire. On n’a pas réussi. Je n’ai pas honte d’avouer aujourd’hui cet échec même si, sur le moment, j’ai voulu arrêter la musique.

Qu’est-ce qui s’est passé de si terrible?
On a pris une grosse claque. On a eu des divergences artistiques et puis on n’était tout simplement pas prêt, techniquement. Par exemple, on a rencontré le groupe Mazaher, et on ne comprenait même pas leurs rythmes… Finalement, on a invité deux musiciens égyptiens vivant à Paris à jouer avec nous et ça s’est super bien passé. On se comprend mieux, ils s’adaptent à notre musique tout en gardant leur manière de jouer.

N’est-ce pas un aveu d’échec de votre démarche?
Non. On veut poser la musique actuelle sur la musique traditionnelle. Parfois c’est possible. Par exemple, j’ai un projet d’électro avec des chants traditionnels égyptiens en voie d’extinction. Mais il y a d’autres choses, comme Mazaher, auxquelles on ne peut pas toucher.

Pourquoi jouer une musique d’ailleurs plutôt qu’une musique d’ici?
Pour inviter les jeunes au voyage et à la découverte. Je suis animateur pour enfants et j’ai aussi, même si c’est utopique, une approche pédagogique. Je veux montrer aux jeunes que derrière le dub, il y a des instruments en bois. Ils veulent du beat alors on leur en donne, mais on leur donne aussi autre chose.

Quand vous chantez en anglais, on a l’impression que vous avez appris à parler avec un taxi kurde londonien…
J’ai vécu six mois au Canada. Quand je suis revenu, je parlais super bien anglai,s mais personne ne me comprenait en Egypte ou ailleurs. Quand je parle avec mon accent français, on me comprend et la musicalité de la langue est meilleure.