«Je suis un pervers, j'ai toujours envie d'aller plus loin»

FESTIVAL Interview de DJ Click aux Escales de Saint-Nazaire...

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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Festival des Escales de Saint-Nazaire, DJ Click. Août 2007.
Festival des Escales de Saint-Nazaire, DJ Click. Août 2007. — Benjamin Chapon/20minutes

La star des DJ globe-trotter a fait danser le port de Saint-Nazaire samedi soir avec son mix culotté de sons venus d’ailleurs. Rencontre avec DJ Click.

Vous avez l’air très à votre aise dans ce festival?
Je suis comme un poisson dans l’eau ici. Je connais et apprécie presque tous les groupes. Et comme je suis un des seuls DJ, je n’ai pas de pression. C’est le paradis.

Vous en profitez pour écouter un peu les concerts?
C’est sûr que je ne reste pas enfermé dans mon hôtel jusqu’à l’heure de mon set. J’ai beaucoup aimé le groupe italien Officina Zoé. Je commence à m’intéresser à cette musique du sud de l’Italie, alors j’en ai profité pour sympathiser avec eux.

Pour pouvoir mieux leur piquer leurs sons?
Waaa, non! Je sais que ça fait ringard mais c’est avant tout une question de rapports humains, de rencontres. Ce que permettent les voyages et les festivals, et ne permettent pas les disques. A Saint Nazaire, on peut prendre des contacts. Ensuite, il faut aller voir les gens dans leurs pays. Là, je reviens d’un séjour dans un village de gitans.

Ça s’est bien passé?
Oui, même si ces gens sont toujours un peu surpris qu’un DJ s’intéresse à leur musique. Ce n’est pas une pratique encore très courante.

Et que pensent-ils du résultat une fois que vous avez bidouillé leur musique?

Souvent, je ne touche presque à rien, je sonorise juste différemment. Je mets la batterie en avant, les voix et le violon en retrait. Je ne rajoute pas d’électronique.

Vos influences ne semblent pas avoir de limites. Quelles musiques n’avez-vous pas encore explorées?
Plein. Mais je suis un pervers, j’ai toujours envie d’aller plus loin. L’essentiel de mon travail, c’est de faire comprendre aux musiciens trad’ qu’ils risquent de mourir s’ils restent dans ce côté ringard de leur musique pour toujours. Le trad’, c’est bien mais ce serait dommage de ne pas réchauffer leur musique alors qu’on en a les moyens. A Saint-Nazaire, j’ai entendu des trucs trad’ pas mal. C’est pépère, c’est le musée. Certains aiment ça mais pour que les jeunes s’intéressent à ces musiques, il faut quelque chose de plus… L’électro permet de ravaler un peu tout ça.

Pourtant, lors du concert de Mazaher, les jeunes s’éclataient. Et il n’y a rien d’électro chez elles…
Alors là c’est l’exception. D’ailleurs, j’ai intégré un de leur morceau dans mon album et je n’y ai pas du tout touché. C’était une sorte d’interlude. Rythmiquement, elles n’ont pas de loi alors que mes machines, elles sont droites. La solution pour les faire entendre du jeune public, c’était juste de les sonoriser. Pas besoin d’électro. Mais là aussi, il est urgent de faire découvrir aux jeunes cette musique, le Zâr, qui est en train de disparaître.