Au « Paris Musique Club », l’image rend la musique plus belle

EXPOSITION La Gaîté Lyrique accueille une exposition unique en son genre réalisée par le collectif Scale…

Benjamin Chapon

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Vue de l'exposition Paris Musique Club à la Gaîté lyrique, imaginée par le collectif Scale — Teddy Morellec

« On va rouvrir, il faut bien. » A la Gaîté Lyrique, le cœur y est mais les yeux sont encore rouges. Le lieu de spectacle parisien dédié aux arts numériques accueille en ce moment de nombreux événements en lien avec la RBMA dont l’exposition Paris Musique Club. Une semaine après les attentats qui ont frappé Paris, il ouvre à nouveau ses portes.


Imaginé par le collectif Scale, le Paris Musique Club est un hommage à la vivacité de la capitale. « Au départ, on voulait donner 12 cartes blanches à des collectifs de 12 villes, raconte Vincent Cavaroc, coordinateur artistique pour la Gaîté lyrique. Finalement, on est assez naturellement revenu à Paris parce qu’il y a un incroyable renouveau de la scène clubbing. Cette exposition, elle n’aurait pas été possible il y a cinq ans. »

La musique au cœur de l’exposition

Durant trois mois, l’exposition offre ainsi une carte blanche par semaine à « des labels, des collectifs, peu importe leur nom, explique Vincent Cavaroc. La programmation musicale est au cœur de l’événement. Ce n’est pas une programmation parallèle à une exposition comme nous avions l’habitude de le faire. L’idée est de mettre en avant leur dynamisme. Ils ont réinventé la manière de produire et promouvoir la musique. »


On entre dans l’exposition par un bar éphémère où sont organisées les soirées et ateliers imaginés par les douze invités. « On avait envie d’une exposition qui devienne un lieu de vie. Ça colle avec l’idée que ces labels redonnent envie de vivre et faire de la musique à Paris. » On entre ensuite dans l’exposition proprement dite.

« L’inverse de « live », ce n’est pas « mort » »

Seuls quelques connaisseurs attentifs avaient déjà entendu parler du collectif Scale. Ce groupe de vidéastes et techniciens multimédia s’était fait remarquer en « habillant » les concerts de Christine & the Queens, Agoria ou encore Carl Craig. La Gaîté Lyrique leur a donné carte blanche pour l’exposition Paris Musique Club. Le collectif aux effectifs variables, de quatre à neuf membres selon les besoins, a concocté une série d’installations sonores, visuelles, le plus souvent interactives qui montrent les nouvelles possibilités que la technologie offre pour mettre la musique en image.

Vue de l’exposition Paris Musique Club à la Gaîté lyrique, imaginée par le collectif Scale - Teddy Morellec
 

« Notre métier, c’est le live explique Joachim Olaya, du collectif Scale. Mais on avait depuis longtemps des idées d’installations pour une exposition. L’inverse de « live », ce n’est pas forcément « mort ». On a voulu des installations vivantes. » Toutes les créations du Paris Musique Club sont « immersives, interactives, multi sensorielles, explique Vincent Cavaroc. Ils augmentent la musique. »

Des musiciens au service des techniciens

L’installation Résistance est constituée de néons qui réagissent à la musique d’un piano automatique. Les visiteurs peuvent en jouer ou lancer les séquences d’une musique composée pour l’occasion. « La grosse différence avec notre activité habituelle n’est pas tant d’avoir développé ces six installations mais d’avoir, pour la première fois, fait appel à des musiciens pour collaborer avec nous. D’habitude, c’est l’inverse. C’est le premier projet vraiment signé Scale. »

L’exposition, qui devrait voyager après Paris à Montpellier puis à l’étranger, continue de mobiliser le collectif. « On a l’habitude de travailler dans l’urgence, avec des contraintes fortes. Là, même si on nous a prévenus assez tard, c’était confort, raconte Joachim Olaya. Après ça, on va se remettre à travailler pour des concerts. On ne se prétend pas artistes, on est plutôt des techniciens. Le but de nos créations visuelles est d’habiller la musique, pas de l’écraser. »