Bruxelles, Beyrouth, Paris... Les villes de coeur de Rover

MUSIQUE Le chanteur sort un second album composé à la ville et enregistré dans la campagne bretonne...

Benjamin Chapon

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Le chanteur Rover a enregistré un second album Let It Glow
Le chanteur Rover a enregistré un second album Let It Glow — C.Gassian

Après un premier album à succès et une longue tournée, Rover s’est remis au travail pour sortir Let It Glow. Alors qu’il s’était réfugié dans le manoir breton familial pour son premier opus, le chanteur taille XXL a cette fois chercher l’inspiration dans plusieurs villes. « Je suis un gars de la campagne, je suis plus à mon aise face à l’Océan qu’en ville. Surtout en Bretagne. c’est mon Heimat, ma patrie. Je m’y sens en famille. » Et pourtant, c’est entre Berlin, Bruxelles et Paris que Rover a composé les textes et musique de ce nouvel album. Rover a passé en revue ses villes de cœur pour 20 Minutes.

Berlin

« J’ai beaucoup composé à Berlin mais je ne sais pas si j’ai vraiment compris la ville. Pour des raisons personnelles, c’était pratique pour moi de travailler et vivre un peu là-bas. Ça m’éloignait de la France tout en restant dans un endroit très familier, très confortable. Les codes y sont les mêmes qu’à Paris, et c’est aussi une ville de musicien. »

Paris

« J’y passe pas mal de temps pour des raisons pratiques, pour le boulot en somme. C’est difficile à expliquer mais je ne m’y suis jamais senti vraiment chez moi. J’y viens par défaut. J’ai de l’admiration pour Paris et les Parisiens qui aiment critiquer leur ville mais ne la fuit jamais vraiment. C’est une ville très accaparante où je ne peux jamais me concentrer pour bien travailler. »

Bruxelles

« C’est une ville qui m’intrigue et m’attire. Le gros point fort de la ville, ce sont les Belges, des gens exquis, fins, drôles. Après Berlin, c’est là que j’ai composé le plus de chansons de l’album. Il y a pas mal de parisiens qui emménagent là-bas mais qui n’y apportent pas leur état d’esprit. Ça reste une ville assez légère. »

Beyrouth

« La ville me manque énormément depuis que j’ai dû quitter le Liban, un peu précipitamment pour un problème de visa. J’y suis retourné pour jouer à l’invitation d’un pote tourneur. Mais je ne peux plus y séjourner. Je suis la situation politique avec tristesse. C’est une ville avec tant de gaîté, un bordel sans nom très attachant, très inspirant pour les artistes. En France, j’ai retrouvé un peu de l’ambiance de Beyrouth à Marseille, où il y a la vie dans la rue. »

New York

« Je n’ai pas du tout le fantasme de faire un disque là-bas. Mais j’y ai longtemps vécu et cette expérience de jeunesse a sans doute un gros impact inconscient sur ma musique. Je suis fasciné par les musiciens américains. Ils arrivent à simuler le chaos grâce à une grande maîtrise technique. Et en même temps, ils gardent une naïveté enfantine dans leur rapport à la musique. Moi, je voulais que l’album sonne européen. On n’a pas à rougir. j’ai écouté pas mal de chansons populaires des années 1970 lors de trajets en voiture et il y avait une belle ambition dans ces musiques. »

Loguivy-Plougras

« C’est là que se trouve le studio Kerwax, un lieu habité par un vrai excentrique du son. Il a monté son studio en dehors de toute logique. On n’y maîtrise pas grand-chose. Il y a des bruits extérieurs, des accidents de matériel ancien. C’est exactement ce que je fantasmais pour ce disque. J’ai fait le choix du lieu, des gens, des instruments, dans une volonté de relâchement. Je voulais laisser aller les choses. Mon premier album a reçu un écho favorable et ça m’a permis d’être moins dans la démonstration. J’ai été nourri par cette confiance. »