«American Horror Story Hotel»: Un hommage aux maîtres en forme de copier-coller

SERIES Les influences de la cinquième saison d'«American Horror Story Hotel», diffusée actuellement aux Etats-Unis, sont nombreuses. En voici cinq parmi les plus flagrantes...

Joel Metreau

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Affiche promotionnelle de la chaîne FX pour American Horror Story Hotel.
Affiche promotionnelle de la chaîne FX pour American Horror Story Hotel. — FX

L’emblématique Jessica Lange a quitté la maison des horreurs, mais elle n’a pas fermé la porte à clé derrière elle. La cinquième saison de la série d’anthologie American Horror Story a démarré le 7 octobre dernier sur la chaîne américaine FX, avec un casting de nouveaux et d’anciens acteurs. Lady Gaga et Naomi Campbell font des entrées spectaculaires. Kathy Bates, Angela Bassett, Sarah Paulson et Evan Peters sont de retour dans des rôles surprenants.

Tout ce beau linge se croise de nos jours dans l’hôtel Cortez à Los Angeles. Nouvelle époque, nouveaux décors, nouvelles intrigues pour cette saison. Mais la série créée par Ryan Murphy continue de compiler les emprunts aux films de genre, comme dès la première saison. Lesquels ? Evidemment, si vous souhaitez conserver la surprise, vous arrêterez votre lecture ici.

« Shining » : De l’hôtel Overlook à l’hôtel Cortez

 

Shining (1980) de Stanley Kubrick. - NANA PRODUCTIONS/SIPA

 

Quand le room service est assuré par des forces maléfiques, on pense forcément à l’hôtel Overlook où Jack Nicholson emmène sa hache et sa chère famille dans Shining. American Horror Story Hotel emprunte de multiples effets au long-métrage de Stanley Kubrick : travellings hypnotiques dans des couloirs déserts, ambiance tamisée et rétro, apparitions spectrales… Derrière le bar de l’hôtel Cortez, le personnage transgenre de Liz Taylor (formidable Denis O’Hare) rappelle sans équivoque Lloyd (Joe Turkel), confident de la folie de Jack Nicholson.

« Les Prédateurs » : Des vampires chics et pervers

 

Catherine Deneuve et David Bowie dans Prédateurs (1983), de Tony Scott. - sipa

 

« La beauté éternelle de Catherine Deneuve, l’élégance cruelle de David Bowie, la sensualité ouverte de Susan Sarandon », déclame la bande-annonce des Prédateurs. Dans le film esthétisant de Tony Scott, des vampires chics et pervers promènent leurs silhouettes de papier glacé et leur spleen dans le monde contemporain. Dans American Horror Story Hotel, Lady Gaga traverse les époques en comtesse Elizabeth, sophistiquée et vicieuse, se nourrissant du sang de ses victimes, changeant aussi souvent de garde-robe que d’amants et de maîtresses.

« Blade Runner » : De Daryl Hannah à Sarah Paulson

 

Daryl Hannah dans Blade Runner (1982), de Ridley Scott. - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

 

Le look de Sally (Sarah Paulson) est entièrement calqué sur celui de la réplicante Pris (Daryl Hannah) dans Blade Runner : cheveux blonds raides façon botte de foin, visage blême et khôl à outrance autour des yeux. Mi-poupée mi-créature, Sally adopte jusqu’aux attitudes félines de Pris. Par ailleurs, l’hôtel Cortez a des réminiscences du Bradbury Building, à Los Angeles, où furent tournées les scènes finales du film noir de Ridley Scott.

« Le village des Damnés » : Des enfants neurasthéniques

 

Le Village des Damnés (1995) de John Carpenter. - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

 

Dans American Horror Story Hotel, Lady Gaga kidnappe des enfants pour les confiner dans les soubassements de l’hôtel. Dans une salle étrange et toute blanche, au design sorti d’un film de SF des années 1970, les enfants jouent à des jeux vidéo rétro avant de s’endormir dans des cercueils translucides. Dans Le Village des Damnés de 1960, comme dans le remake de John Carpenter en 1995, les enfants présentent les mêmes caractéristiques que dans la série : cheveux blonds platine, comportement neurasthénique et uniforme d’écolier.

« Seven » : Des sept péchés capitaux aux Dix commandements

 

Brad Pitt et Morgan Freeman dans Seven (1995) de David Fincher. - sipa

 

Le policier John Lowe, incarné par Wes Bentley, loge à l’hôtel Cortez tout en enquêtant sur une série de crimes atroces. Le premier pétrifie littéralement un couple en plein coït… « Tu ne commettras pas d’adultère », c’est le message que fait passer le meurtrier. Le serial-killer de American Horror Story Hotel trouve en effet un modèle dans les Dix commandements pour mettre en scène ses meurtres. Tout comme celui de Seven, le film de David Fincher, trouvait une source d’inspiration dans les sept péchés capitaux.