Cinq maladies que les jeux vidéo apaisent

santé Depuis quelques années déjà, des jeux vidéo thérapeuthiques pullulent sur consoles, ordinateurs et tablettes...

Clara Carlesimo

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Le jeu Voracy Fish promet d'aider à la rééducation des personnes victimes d'AVC.
Le jeu Voracy Fish promet d'aider à la rééducation des personnes victimes d'AVC. — Voracy Fish

Quand le jeu vidéo fait du bien. Bien souvent considérés comme facteurs de maladies, les jeux vidéo sont de plus en plus utilisés pour soigner différents maux. Depuis quelques années, certains professionnels de la santé, parmi lesquels des psychologues ou des psychomotriciens, n’hésitent plus à se servir des consoles, manettes et autres ordinateurs pour guérir leurs patients.

Le jeu de plateforme au secours de Parkinson

 

Maverick aurait sans aucun doute approuvé TOAP Run. C’est un jeu de plateforme, tout ce qu’il y a de plus classique, testé depuis peu à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le joueur incarne un animal qui doit éviter toutes sortes d’obstacles afin de récupérer des items, tantôt en surf sur une rivière tantôt sur un wagon au fond d’une mine. Classique, certes, mais le jeu a été créé pour soigner les patients atteints de la maladie de Parkinson. Grâce à TOAP Run sur consoles, ils travaillent les postures de déséquilibre comme les déplacements de côté, les torsions et les extensions, souvent compliquées par la maladie. En jouant, les patients gagnent en flexibilité et en amplitude et améliorent ainsi leurs mouvements.

Alzheimer plonge sous l’eau

 

En France, 900.000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer. Un nombre important qui a poussé les médecins de l’Institut du cerveau de la moelle épinière (ICM) et l’Institut Claude-Pompidou à mettre au point X-Torp sur Xbox. Dans ce jeu d’aventure «tout droit issu de l’univers BD», nous apprend le site internet dédié, le joueur est à la barre d’un bateau. Le but? Se déplacer à travers les mers et les océans et remplir des missions «pour devenir le plus riche des contrebandiers», aidé par la caméra intéractive Kinect. Testé actuellement au CHU de Nice, XTorp reprend les techniques des médecins pour ralentir les effets de la maladie en agissant sur trois principaux points: la motricité, la motivation et les capacités cognitives.

Un nouveau jour pour les dépressifs

 

C’est un jeu qui vient de Nouvelle-Zélande. Parmi les pays dont le taux de suicide chez les jeunes est le plus élevé, des chercheurs ont trouvé une solution pour lutter contre la dépression: Sparx. Dans ce jeu sur ordinateur, le patient entre dans la peau d'un avatar qui «détruit les pensées négatives avec des boules de feu pour sauver le monde du désespoir et du pessimisme», comme l’expliquait Sally Merry, pédopsychiatre à l’université d’Auckland, lors de sa sortie. Le jeu se partage en sept niveaux de quarante minutes chacun, qui deviennent de moins en moins sombres à mesure que le patient en réussit. Une lueur d’espoir pour les personnes qui souffrent de dépression.

Les victimes d’AVC bougent de nouveau

 

Comme un poisson dans l’eau. C’est un pionner dans la mouvance des jeux thérapeutiques. Développé par Genious Serious Games, Voracy Fish ne se commande qu’avec un bras et une main dont les mouvements sont perçus par la Kinect. Dans ce jeu, les patients sont directement plongés dans les fonds marins. En mode solo, le principe est d’explorer les océans à la recherche de trésors. En multijoueurs, il peut combattre ses adversaires pour devenir le plus fort. Dans les deux modes différents, l’objectif est le même: réapprendre à se servir de ses bras.

Pour y voir plus clair

 

C’est le studio Ubisoft, connu notamment pour la série des Assassin’s Creed, qui est derrière Dig Rush. Le but de cette application est de soigner les patients atteints d’amblyopie, c’est-à-dire qui ont un œil dont la vue est spécialement basse. Dans ce jeu de puzzle, les malades doivent stimuler leur cerveau pour percevoir correctement les contrastes de rouge et de bleu et ainsi passer les niveaux sans difficulté. Dig Rush a été testé auprès de 160 enfants et 80 adultes. Durant six semaines, ces 240 cobayes ont joué pendant une heure par jour. Le résultat de l’étude est concluant puisque 90% d’entre eux ont retrouvé une vision binoculaire. Plus qu’une chose à attendre avant que ce jeu puisse être commercialisé: être approuvé par les autorités compétentes.