VIDEO. Comment le réalisateur de «God Bless Zombie» a dévoré «Zombie Nostalgie»

LIVRE Miam. Le Français Paul Germain, créateur de la websérie comique «God Bless Zombie», donne son avis sur le roman fantastique et drôle «Zombie Nostalgie», écrit par le Norvégien Øystein Stene... 

Joel Metreau

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Un héros de la websérie God Bless Zombie
Un héros de la websérie God Bless Zombie — Paul Germain

Rencontre au sommet. Le réalisateur de la websérie God Bless Zombie a lu, et commente pour 20 Minutes, le roman Zombie Nostalgie (Actes Sud, 22 euros) du Norvégien Øystein Stene. Après avoir récolté des fonds sur Ulule, Paul Germain, 23 ans, a mis en scène et tourné à Caen les six épisodes (et quatre spin-offs) d’une fiction dont il rêve depuis son enfance. Sa websérie venant d’être mise en ligne en accès gratuit sur la plateforme Internet MyTF1, 20 Minutes lui a gentiment demandé de lire Zombie Nostalgie sans quoi on l’inscrivait au menu de notre pause déj. Entre nous, le titre original du roman, Zombie Nation, rendait davantage justice à un livre dont l’histoire est celle de Labofnia, un pays de morts-vivants que les Etats ont longtemps caché à la population…

 

Premières impressions ?

« C’est très bien, assez original. Ça rentre dans une catégorie spéciale par rapport aux zombies. Aujourd’hui on s’intéresse moins au point de vue des survivants, mais on porte un autre regard sur le zombie en adoptant son point de vue. » Paul Germain prend pour exemple la comédie horrifique Warm Bodies sorti en 2013. Elle était adaptée du roman Vivants d’Isaac Marion (Bragelonne, 17 euros), où un zombie tombe amoureux d’une nana. Il cite aussi la série britannique In The Flesh, qui sera diffusée sur France 4 à partir du 27 novembre, juste après iZombie.

Une invasion de mort-vivants à Caen dans God Bless Zombie. - Paul Germain

Le héros ?

A son réveil sur Labofnia, le narrateur se voit attribuer un numéro d’identité nationale et le nom de Johannes van der Linden. « C’est une personnalité très froide, qui correspond bien au zombie. Il ne ressent pas d’émotion au début et ne fait que décrire ce qu’est que d’être dans la peau d’un mort-vivant : la difficulté de parler, les muscles flasques… Puis il commence à avoir des désirs, a une relation avec une femme. » Si, si, les zombies font du sexe. Mais ce n’est pas de la nécrophilie puisque les cadavres bougent encore.

Un passage étonnant ?

« J’ai aimé comment l’auteur lie la découverte des zombies à l’histoire du XXe siècle. Par exemple le rapprochement avec les films de zombies de Romero. Comme quoi le gouvernement américain avait commandé au réalisateur des films de zombies en tant que propagande destinée à préparer les humains à une invasion. Ce roman n’échappe pas à l’aspect politique qu’il peut y avoir dans les œuvres sur les zombies. » Même dans les romans pour enfants, lisez le récent Zombie Ball de Paolo Bacigalupi (Au Diable Vauvert, 15 euros).

Extrait de la websérie God Bless Zombie. - Paul Germain

Crédible ?

Une nation peuplée de zombies, on s’y croirait presque. « Oui, c’est totalement plausible. Des humains qui essaient de civiliser des morts parqués dans une île, ça m’a aussi fait penser au film District 9, avec ses extraterrestres dans des ghettos. Et puis la géopolitique dans Zombie Nostalgie est bien vue, comme dans World War Z, le roman hein, pas le film qui est mauvais. »

La fin ?

« La fin est assez logique, elle fait écho au début avec le bras du narrateur qui repousse. On a fait la même chose avec God Bless Zombie. On montre d’abord les héros dans le pétrin et on va expliquer comment ils en sont arrivés là. Mais je voulais traiter d’un aspect moins traité de l’invasion zombie. Pas d’apocalypse et de chaos. Les survivants font ce qu’ils veulent, puisqu’il n’y a plus de loi, ils peuvent profiter de leur liberté et jouir de la vie. » Les zombies, on leur dit merci.