«Les Dissociés»: Le Suricate fait son cinéma sur YouTube

LONG-METRAGE Le collectif du Golden Moustache a réalisé son premier long-métrage, un projet mené en quelques mois seulement…

Anne Demoulin

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Extrait de l'affiche «Les Dissociés», du collectif Suricate.
Extrait de l'affiche «Les Dissociés», du collectif Suricate. — Golden Moustache

Un Objet Filmique Non Identifié. Le Suricate, le collectif du Golden Moustache, mettra en ligne le 24 novembre sur GoldenMoustache.com et sur YouTube son premier long-métrage, Les dissociés, en accès libre et gratuit. Une histoire fantastique et délirante de transferts d’âmes. Un film de body swap, qui sera présenté lors d'une série d’avant-premières en salle dès le 2 novembre par ses trois créateurs Raphaël Descraques, Julien Josselin et Vincent Tirel. Un pari fou.

« On rêvait tous les trois de faire du cinéma »

« On avait tous envie d’écrire quelque chose de plus long », confie Raphaël Descraques. « On rêvait tous les trois de faire du cinéma. Et on s’est dit : “et pourquoi pas, faire ça là” », explique Julien Josselin. Le collectif Suricate soumet l'idée à Golden Moustache.  «On s’est aventuré dans cette histoire là sans avoir d’idée de scénario », lance Raphaël Descraques. 

« Pour faire un film de cinéma et trouver un financement, il faut être passionné par son pitch. Là, on avait même pas de pitch », plaisante Vincent Tirel. Golden Moustache accepte de suivre le collectif Suricate, fort de millions de fans sur YouTube, alors qu'ils n'ont pas écrit une seule ligne. Un scénario impensable dans la production cinématographique traditionnelle. 

« L’idée était de ne pas perdre de temps entre le moment où on a envie de faire quelque chose et le moment où on le fait », résume Adrien Labastire, DGA de Golden Moustache.

«Un business model alternatif»

Second challenge, le financement. « L’idée était excitante, mais je ne savais pas comment on allait financer un format long sur YouTube !», raconte Adrien Labastire, . « Ils m’ont dit : “On pense qu’on peut y arriver grâce au placement produits, et en essayant d’avoir un business model alternatif», poursuit-il.

80% du film sera donc financé grâce au placement produit : «Une partie viendra des recettes que l’on va faire en salles, et on est en train de négocier une vente à une chaîne de télé », se réjouit Adrien Labastire, qui s’il refuse de communiquer le montant du budget du projet le qualifie de « ridicule pour un long-métrage ». L’objectif n’est pas de faire de l’argent mais « de voir si un contenu long peut fonctionner sur YouTube », explique le DGA. 

« On a tous bossé à fond »

Démarre alors une course contre la montre. Le scénario est bouclé en deux mois et demi. « L’écriture a été un long sprint. Au cinéma, on  peut laisser une scène au placard pour revenir dessus plus tard », souligne Raphaël Descraques. « La structure sur un format court est beaucoup plus simple qu’un format long. On a tous bossé ça à fond. On voulait être rigoureux », se rappelle Julien Josselin.

Le scénario bouclé, la préparation et le tournage durent trois semaines chacun, suivi par deux mois de postproduction. Un exploit pour un format long. « Le pari était fou avec des contraintes de temps très précises, ça a fonctionné parce qu’on était entouré par des gens talentueux qui ont fait 15 postes à la fois », lance Julien Josselin.

Toutes les stars du Web mettent la main à la pâte. Le dessinateur Boulet dessine toute la séquence d’animation. Baptiste Lecaplain, Kyan Khojandi, Navo, PalmaShow, Alice David font une apparition. Place au système D et à la créativité pour tenir le budget. « On a fait un film fantastique presque sans effets spéciaux », se réjouit Raphaël Descraques. Un pari fou, mais réussi qui montre qu’on peut faire des films autrement.