Paris Games Week: Pourquoi «Halo 5: Guardians» gagne à être joué à plusieurs

JEU VIDEO Nicolas Bouvier, développeur chez 343 Industries, revient sur l'aspect multijoueur du nouveau shooter de science-fiction...

Joel Metreau

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Halo 5 Guardians.
Halo 5 Guardians. — 343 Industries

Halo n’est pas l’unique shooter de science-fiction en cette fin d’année. Les créateurs de la saga, le studio Bungie, ont en effet abandonné à Microsoft leur bébé pour fonder l’univers de Destiny. Du coup, c’est le studio 343 Industries qui a repris le flambeau avec Halo 4. Trois ans plus tard est sorti cette semaine Halo 5 : Guardians, exclusivement sur la Xbox One, console de salon de Microsoft. « La part du multijoueur a grandi, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on a négligé la campagne », explique le Français Nicolas Bouvier, directeur artistique chez 343 Industries, que 20 Minutes a rencontré à la Paris Games Week. En tout cas, ce jeu vidéo est meilleur à plusieurs. Pourquoi ?

Une campagne sans surprise

« Halo 5, c’est un space opera intégré dans le jeu vidéo, un First person shooter, même si on a des séquences contemplatives », pointe Nicolas Bouvier. La campagne bénéficie de graphismes superbes, grâce à la nouvelle console, et peut-être qualifié d’« épique », puisqu’« on sent tout petit face à des décors qui nous sont totalement étrangers » observe le développeur. C’est vrai. Outre l’emblématique Master Chief, un autre héros, Locke, a été ajouté à la saga. Mais aussi spectaculaire soit-elle, l’histoire manque de souffle. Pour remédier à ce défaut, il vaut mieux la parcourir ensemble à plusieurs (jusqu’à 4 joueurs), d’autant plus qu’en solitaire, nos compagnons mus par l’intelligence artificielle ont tendance à se jeter sous les tirs ennemis. Le sens du sacrifice a ses limites.

Une jouabilité qui a fait ses preuves

On les croyait épris de progrès, mais les joueurs sont parfois très conservateurs. « Sur Halo 4 ils pensaient que les mécaniques de jeu en multijoueurs étaient trop loin du Halo traditionnel, raconte Nicolas Bouvier. Sur Halo 5, on a pris en compte la tradition de Halo en termes de jouabilité, mais on l’a amélioré avec des éléments plus logiques et des fonctions supplémentaires. » Parmi elles, on retient deux attaques au corps à corps : l’une depuis les airs qui permet de sauter à pied joints sur ses adversaires, l’autre au sol pour les charger d’un douloureux coup d’épaule après un sprint. Le dynamisme des combats en est accru.

Halo 5 Guardians. - 343 Industries

Une Warzone en plus des arènes

En équipe de quatre contre quatre, les arènes sont devenues la marque de fabrique de Halo, avec ses différents modes. Ancien comme « assassin » ou nouveau où le joueur n’a que des défenses faibles et droit qu’à une vie. Patience et fourberie exigées. Mais Halo 5 s’enorgueillit surtout de l’introduction d’un nouveau mode de 24 joueurs : Warzone. « Il s’agit de très grandes cartes, un mixte entre la campagne et toute la partie multijoueurs », explique Nicolas Bouvier. C’est le plus joli morceau de Halo 5 : Des parties en ligne où s’affrontent 24 joueurs, soudés autour d’objectifs précis, et obligés d’abattre en même temps des boss ennemis.

Un pied dans le sport électronique

L’e-sport (ou sport électronique) prend une place de plus en plus importante dans le jeu vidéo : davantage de tournois et de récompenses et une audience énorme et croissante sur le Web. « La volonté de 343 Industries a été d’être totalement en phase avec le gaming pro, davantage que Halo 4. C’est une assurance que le jeu aura une continuité plus forte sur le long, observe Nicolas Bouvier. En interne, on a maintenant une équipe de 4 à 6 joueurs professionnels qui pointent tous les éléments à améliorer. » Un regret au sujet de Halo 5, il n’autorise plus à jouer en écran séparé à deux sur un canapé. Dommage pour la convivialité.