«Taratata»: Pourquoi l'émission a cartonné samedi

TÉLÉVISION L'émission a fait son retour sur France 2, en prime-time, après deux ans d'absence...

Fabien Randanne
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Kendji Girac et Nagui, au Zénith de Paris, lors de la 500e de «Taratata».
Kendji Girac et Nagui, au Zénith de Paris, lors de la 500e de «Taratata». — DENIS Laurent - FTV

La semaine passée, 20 Minutes mesurait les forces en présence avant la bataille du « prime-time » qui opposait samedi Danse avec les stars, sur TF1, à Taratata, sur France 2. Les cinq « rounds » les laissait sur une égalité parfaite. Mais, en regardant les audiences et même si le concours de danse est arrivé en tête, force est de constater que la première chaîne n’a pas envoyé valser la deuxième. Danse avec les stars a rassemblé 4,9 millions de téléspectateurs, soit le deuxième plus mauvais lancement du show en six saisons. Taratata, suivi par 4,3 millions de mélomanes a enregistré « une audience historique », selon les mots de Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions. Voici, en trois points, les raisons de ce succès.

  • Les stars étaient sur France 2

Loïc Nottet, Olivier Dion, Thierry Samitier… Les candidats de Danse avec les stars bénéficient d’une renommée toute relative. Hormis Djibril Cissé, peu sont connus du grand public. Le casting du show de TF1 brasse large et chacun des participants s’adresse à une tranche bien ciblée du public, mais cela n’a pas suffi à contrer totalement l’avalanche de stars qui ont défilé sur France 2. Du petit dernier à grand-maman, l’affiche proposée par France 2 s’adressait à toute la famille. De Louane à Johnny Hallyday, de Kendji Girac à Patrick Bruel, de Cats On Trees à Alain Souchon… toutes les générations et toutes les « écoles » de la variété française étaient au diapason. De quoi faire mentir Eddy Mitchell qui, lundi dernier, lors de l’enregistrement du show au Zénith de Paris, déclarait : « Taratata ne va pas être regardé, comme d’habitude, mais on s’en fout ! »

  • Une si longue attente

Si le public a répondu présent pour la 500e de Taratata, c’est aussi parce que l’émission musicale a su se faire désirer. Certes bien malgré elle. Lorsqu’elle a été zappée de la grille des programmes de France Télévisions en 2013, cela avait soulevé une grande vague d’indignation auprès des téléspectateurs, même si beaucoup de ceux qui ont réagi avec émotion ne la regardaient plus vraiment. Taratata est plus qu’une émission, c’est une marque, un concept, un parti pris, bref, la promesse de voir la musique, et pas forcément la plus commerciale, célébrée par des artistes chantant en live. Delphine Ernotte raconte avoir décidé de faire revenir Taratata sur le petit écran après s’être laissée convaincre par une lettre de téléspectatrice. C’est peut-être du pur storytelling, mais, si c’est vrai, c’est la preuve que l’attente du public semblait importante. Et si c’est faux, ce besoin de nourrir le mythe de l’émission soutenue par les téléspectateurs prouve qu’il n’est pas anodin. Taratata a donc su capitaliser sur le sentiment de manque des téléspectateurs (même si elle continuait de vivre discrètement sur Internet), là où TF1 n’a que peu customisé la recette de sa compétition de fox-trot et samba.

  • L’émission a tenu le bon rythme

L’émission avait du rythme, les artistes se sont succédé sans véritable temps mort et les duos et trios proposés (Véronique Sanson et M. Pokora, Eddy Mitchell et Christophe, Louis Bertignac, Black M et Youssoupha…) ont visiblement séduit les téléspectateurs. Assez ironiquement, Taratata a cartonné en faisant plusieurs entorses à ce qui constitue son ADN. L’émission diffusée samedi avait été enregistrée les lundi et mardi précédent – ce qui peut se comprendre pour des questions logistiques. Le plateau d’artistes réunis était très majoritairement francophone – à l’exception, entre autres, de Selah Sue, Madilyn Bailey, Charlie Puth ou Charlie Winston –, ceux qui attendaient des têtes d’affiche internationales sont sans doute restés sur leur faim. Il faudra donc voir l’accueil réservé par les prochains numéros, qui seront programmés en deuxième partie de soirée, pour savoir avec certitude si le succès d’audience de ce samedi est lié à Taratata ou au simple fait que le public attendait une émission de variété.