« Assassin’s Creed Syndicate » : Un tour de Londres efficace mais la saga balbutie

JEU VIDEO Quoi de neuf dans le dernier « Assassin’s Creed », sorti ce vendredi ? Pas suffisamment d’éléments pour renouveler l’intérêt des fans. Et bien assez pour attirer ceux qui n’ont pas touché à la saga depuis quelque temps…

Joel Metreau
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Assassin's Creed Syndicate permet d'emprunter le train.
Assassin's Creed Syndicate permet d'emprunter le train. — Ubisoft

La Révolution industrielle allait permettre d’améliorer le rendement de la productivité. Alors Assassin’s Creed Syndicate, en se déroulant à Londres en 1868, colle bien au rythme annuel imposé par Ubisoft à sa saga, à l’image des Fifa et Call of Duty. Ce Syndicate est le neuvième titre principal depuis le premier Assassin’s Creed en 2004. On a terminé tous les précédents avec plus ou moins d’enthousiasme. Est-ce que ce sera le cas de Assassin’s Creed Syndicate (sur PS4 et Xbox One, le 19 novembre sur PC) ? Car la recette demeure presque identique, malgré des changements bienvenus.

Evie et Jacob, deux héros pour le prix d'un dans Assassin's Creed Syndicate. - Ubisoft

London Calling

A sa sortie, le Paris de Assassin’s Creed Unity avait égaré des joueurs en raison du manque de finition : trop de bugs. En traversant la Manche, cet Assassin’s Creed n’a pas besoin de pansements. Ce Londres étendu et magnifique étincelle par sa direction artististique, des eaux boueuses de la Tamise au smog baignant les quartiers industriels en passant par les activités de la foule. 

Gangs et bad guy

Dans Assassin’s Creed Unity, l’ennemi était incarné par les tyrans, Robespierre en tête. Ici, c’est un grand méchant capitaliste dont on doit défaire l’emprise sur la City. Difficile de ne pas y voir une métaphore de l’actualité du groupe Ubisoft et de l’accueil glacial réservé à l’introduction de Vincent Bolloré via Vivendi dans son capital. Les missions annexes manquent de surprise, mais sont assez nombreuses pour garantir des heures de jeu : libération d’enfants, enlèvements, guerre de bandes, chasse aux primes… Reste que Londres se découvre aussi plutôt dans le désordre (et moins zone par zone), de quoi ravir les touristes flâneurs.

La calèche, un moyen de transport rapide dans Assassin's Creed Syndicate. - Ubisoft

 

Un homme et une femme

C’est sûr que ça avait ronchonné l’an dernier quand Ubisoft avait maladroitement expliqué qu’il ne pouvait pas représenter de femmes jouables dans Unity. Tout est pardonné : Syndicate permet d’incarner les deux héros, deux jumeaux, Jacob Frye et sa sœur Evie. Un simple clic permet de changer de personnage. Pour les assister, des acolytes, des figures historiques (Charles Dickens, Alexander Graham Bell…) et un gang, les Rooks, dont on améliore au fur et à mesure les compétences. Même s’il faut saluer l’arrivée d’un sympathique duo, il demeure encore un souci d’écriture. Les dialogues manquent de pickles pour qu’on s’attache vraiment à eux.

Le nouveau lance-grappin devient aussi tyrolienne dans Assassin's Creed Syndicate. - Ubisoft

Mind the gap

Vive les transports en commun. Le QG des héros, c’est ce qui nous a fait rêver dans Les Mystères de l’Ouest, puisqu’il s’agit d’un train. Dans Londres, d’autres trains, mais aussi des bateaux à vapeur, s’avèrent utiles pour échapper à ses ennemis, mais on préfère débloquer le mode de transport rapide. La grande nouveauté, c’est la calèche. S’il est amusant de déloger les chauffeurs façon GTA et d’envoyer valser les autres véhicules dans le décor, il faut aussi accepter l’invraisemblance et la maltraitance animale. En s’emballant, les chevaux abattent les lampadaires sur leur passage. Dans cette Angleterre, le Richard III de Shakespeare s’écrie « Mon royaume pour un tank ! »

Un Londres du XIXe siècle superbement reconstitué dans Assassin's Creed Syndicate. - Ubisoft

Des combats plus punchy, un lance-grappin gadget

Au rang des incongruités, il faut aussi compter sur les combats. On a beau lacérer un ennemi et repeindre les pavés en rouge avec son sang. Parfois il se redresse brutalement pour nous envoyer ad patres. La première fois, c’est une surprise. Sinon l’animation des combats est plus punchy que d’habitude, mais aussi plus simple. En tout cas, le parkour dans Assassin’s Creed Syndicate est toujours plus dynamique et fluide. Mais le lance-grappin, nouveauté de cet épisode, s’avère frustrant puisqu’il ne permet pas de viser librement le haut des édifices.

Jacob fait connaissance avec Karl Marx dans Assassin's Creed Syndicate. - Ubisoft

 

Le dernier Assassin’s Creed qui faisait rêver, c’était Black Flag, où l’on explorait les mers des Caraïbes à bord d’un navire. Syndicate vend moins du rêve qu’une expérience efficace et déjà éprouvée par les fans de la série. Le rêve se disloque aussi avec la présence terre à terre d’un « magasin en ligne » dans le menu. On y troque ses euros en ligne contre des « points Helix » destinés à améliorer les personnages plus rapidement. Après avoir raconté la Révolution industrielle et ses inégalités sociales, Assassin’s Creed Syndicate anticipe déjà bien la révolution numérique.