Bouchons d'oreille
Bouchons d'oreille — DR

CULTURE

Le bouchon d'oreille s'invite au spectacle

Nouvelle tendance?

Les oreilles s’habillent. De bijoux, parfois. D’écouteurs, également. Et de bouchons de protection, plus récemment.
Ces petits cônes en mousse de couleur vive se nichent dans le creux du conduit pour protéger les tympans malmenés lors de performances culturelles trop riches en décibels.
 
Lorsque Bright Eyes est passé sur la scène du Bataclan à Paris le 2 juillet dernier, la moitié de l’assistance se bouchait les oreilles avec les mains, l’autre moitié avait couru se procurer à l’entrée des boules isolantes. Désolant, peut-être. Excessif, sans doute. 
 
«Il n’y avait pas de larsen»

Alors quoi, le volume sonore des spectacles exploserait-il les compteurs?
Même à l’Opéra Bastille, «Le temps des Gitans», l’opéra punk d'Emir Kusturica, en a fait sursauter plus d’un. «Pas étonnant que cela soit si fort, Kusturica est sourd comme un pot à force de jouer avec son groupe, explique un connaisseur. Même dans ses films, le son est quasiment saturé». «Le spectacle était sonorisé, et cela a pu surprendre ceux qui, d’ordinaire, viennent voir des opéras classiques, explique-t-on à Bastille. Mais l’amplification était raisonnable, bien moins forte qu’à Bercy. Et il n’y avait pas de larsen.»
 
L’usage des bouchons est tellement tendance qu’au festival d’Avignon, le metteur en scène Frank Castorf a distribué des oreillettes protectrices au public pour la représentation de «Nord», de Céline. Sur scène, des coups de feu pouvaient perturber l’ouïe des spectateurs. Un signal lumineux les prévient donc de l’imminence de la pétarade. «Résultat: on passe le début du spectacle yeux rivés sur les bornes lumineuses, doigts crisqués et gosier serré. Ce qui s’appelle du théâtre participatif», ironise «Libération».