"La vie commence tous les jours!"

INTERVIEW Henri salvador, qui fêtera demain ses 90 ans, tire sa révérence avec trois concerts exceptionnels...

— 

Comment appréhendez-vous cette tournée d’adieux ?

Sereinement. Ça va être les vacances bientôt ! Jusqu’à présent, je me suis battu pour ne pas décevoir les gens qui viennent me voir. J’arrête parce que je ne voudrais pas laisser l’image d’un monsieur qui marche difficilement. L’air de rien, je fatigue vous savez ! Je crois avoir fait une belle carrière et avoir mérité une petite retraite ! Mais je vais continuer à faire quelques disques parce que ma voix n’a pas changé.

Des regrets ?

Aucun. Malgré le côté « improvisé », j’ai toujours fait ce que j’ai voulu. Moi, je suis un petit titi parisien qui a monté les échelons en travaillant et puis d’un seul coup, je me suis retrouvé dans un « truc » énorme. J’ai toujours fait consciencieusement mon métier, c’est comme ça que j’ai « gagné » ma carrière.

Comme Barbara, diriez-vous que votre plus belle histoire d’amour, c’est le public ?

C’est exactement ça. Si je laisse quelques chansons, peut-être Syracuse ou Une chanson douce, eh bien tant mieux !

Est-ce que la vie commence à 90 ans ?

La vie commence tous les jours ! C’est un monsieur d’expérience qui vous le dit. Parce que la vie est une lutte quotidienne, mais c’est aussi un cadeau. Moi, je suis un type très optimiste et je regarde la vie avec des yeux rigolards.

Qu’est-ce qui se cache derrière le rire d’Henri Salvador ?


Pleins de choses très personnelles. Chacun a ses secrets, alors je vous demande la permission de les garder. Je ne sais pas si je me connais, en tout cas, je connais ma vie et c’est une vie joyeuse.

Votre clé du bonheur ?

L’amour. Moi, j’ai beaucoup aimé mon métier. Je n’en veux même pas aux gens qui m’ont fait du mal, et il y en a beaucoup. En fin de compte, ils se sont trompés, car je m’en suis bien sorti.

Selon vous, c’est quoi le paradis ?


C’est l’endroit où l’on rejoint le bonheur perpétuel, mais ce n’est pas sur terre. Il y a peut-être un « ailleurs », mais il faut le trouver et le mériter. Il n’y a pas de fin, moi, je crois à l’éternité.