Les jeunes rochelais veulent du son à l'oeil

FESTIVAL En direct des Francofolies...

Envoyé spécial à La Rochelle, Benjamin Chapon

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Vendredi soir, aux Francofolies, la jeunesse rochelaise avait délaissé les concerts officiels (et payants) pour aller à la pêche à la découverte dans les bars et les rues de la ville.

«On entend un peu toujours la même chose, se lamente Morgan, lycéen à La Rochelle. La musique française est vraiment trop chiante». «Pas sexy, pas assez rock, nombriliste, parisienne… Et puis de toutes façons, les places sont trop chères», relancent ses jeunes amis.

Entre deux gorgées de bière, la bande prête une oreille au groupe punk rock amateur qui tente d’enflammer le bar. «C’est pas en place et le son est pourri, se plaint encore un père de famille. Les Francos Off, c’est au petit bonheur la chance, un coup c’est nul, un coup c’est génial.»

Entendre les concerts à l'oeil

La bande de Morgan est assez d’accord avec l’analyse. Puisque les musiciens amateurs ne trouvent pas grâce à leurs yeux, ils décident d’aller se rassasier les oreilles, et seulement les oreilles, en «grugeant» le concert de la grande scène.

Sur des spots plus ou moins connus, à quelques endroits précis du port, on peut entendre les concerts à l’oeil. A plusieurs dizaines de mètres de la scène, sans pouvoir apprécier le jeu de scène des artistes, les jeunes goûtent peu la pop déjantée de Katerine puis le rock sentimental de Zazie.

«Une petite soirée»

L’ingé son de la scène de l’Horloge, qui passe par là par là, y va de son couplet sur ces jeunes qui, «à force d’écouter leur musique téléchargée en mono dans une qualité pourrie ne savent plus apprécier la plus value d’un concert en live».

Arrivent sur scène, les Ogres de Barback et leurs nombreux invités. Le public a l’air d’apprécier mais depuis leur repère, la bande de Morgan ne discerne qu’une bouillie sonore. C’est à peine mieux aux abords de la scène de la Motte Rouge, où Joey Starr éructe quelques bribes de son nouvel album entre deux gorgées de rhum. «C’était une petite soirée, conclue Sophie. Les bonnes surprises, j’espère que ce sera pour demain.»