Selena Gomez défie la mort et l’industrie du disque

MUSIQUE Selena Gomez sort un nouvel album et annonce avoir suivi une chimiothérapie...

Benjamin Chapon

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Selena Gomez le 24 septembre 2015 à Londres
Selena Gomez le 24 septembre 2015 à Londres — ZWAA/WENN.COM/SIPA

C’est une survivante, Selena. Après avoir survécu à Justin Bieber, Selena Gomez a affronté une maladie auto-immune, le fameux lupus, cher au Dr House. Des fans par millions ont crié leur amour pour la chanteuse jeudi alors qu’elle révélait avoir suivi une chimiothérapie au début de l’année pour lutter contre cette maladie. Selena Gomez a fait cette révélation à la veille de la sortie de son nouvel album, « plus mûr plus personnel » lit-on un peu partout, mais ça n’a rien à voir avec une stratégie de communication. Non, c’est une mue, pas très spectaculaire mais radicale. De chanteuse sans intérêt, Selena Gomez a accédé au rang de symbole : une icône pop peut exister sans être trash ni godiche.

Poupée Disney aseptisée à souhait, Selena Gomez s’était évertuée depuis ses débuts (à sept ans…) à se créer une image lisse qui, bien sûr, prête bien plus le flanc à la critique que n’importe quel militantisme. En sciences sociales on appelle ça la rationalité axiologique. Jamais trash, à peine sexy, un peu métisse, Selena Gomez subit toutes sortes d’attaques. Dans les dix commandements du Selanator, le nom que les fans de Selana Gomez se sont donnés, il y a, en deuxième place, derrière « Toujours tu aimeras Selena », l’interdiction « d’insulter » la chanteuse. Une manière de répondre aux torrents de boue que déverse régulièrement la horde trollesque sur la jeune chanteuse.

« Leave Selena Alone »

Peut-être a-t-elle lu les essais de Max Weber, peut-être a-t-elle mûri, mais Selena Gomez a choisi depuis peu de se différencier. Oh, pas musicalement, non. Mais au niveau de la communication. A l’époque de Springbreakers, film arty dans lequel elle semblait s’être égarée, Selena Gomez assumait mal son choix de « casser son image » et enchaînait les platitudes sur une prétendue liberté artistique. Mais plus récemment, la jeune femme a libéré sa parole. C’est une gentille fille, et elle l’assume. « I’m so fucking nice » a-t-elle osé pour dire son exaspération des critiques et méchancetés à son égard.

Au début de l’année, elle a laissé courir les rumeurs sur une prétendue cure de désintoxication alors même qu’elle suivait une chimiothérapie. « J’ai attendu de retrouver confiance en moi pour m’exprimer là-dessus », a déclaré la chanteuse pour justifier presque un an de silence médiatique. Très active sur les réseaux sociaux (elle y consacre une à trois heures par jour, dans la moyenne de sa tranche d’âge), Selena Gomez cultive son image de BFF [best friend forever] idéale, au moins du point de vue des parents d’ados. Si, en plus, elle se mettait à faire de la musique intéressante…