Le Festiblog est mort, vive We Do BD !

BD Pour dignement fêter ses dix ans, l'ex-festival des blogueurs BD déménage et prend de l'envergure…

Olivier Mimran

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Festiblog 2013. De gauche à droite : Leslie Plée, Pénélope Bagieu, Zach Weiner, Philippe Valette
Festiblog 2013. De gauche à droite : Leslie Plée, Pénélope Bagieu, Zach Weiner, Philippe Valette — © Léa Schneider

On l’a connu tout petit : à sa création, en 2005, le Festiblog ne consistait qu’en un alignement de tréteaux et plateaux - en plein air - sur lesquels de jeunes blogueurs BD dédicaçaient à l’attention de passionnés venus « découvrir la tête de ceux qui les faisaient rire, ou rêver, quotidiennement sur Internet », se souvient Yannick Lejeune, co-créateur de l’événement. Après neuf éditions (et un break en 2014), le petit festival est devenu un peu plus grand. Et il nourrit surtout de nouvelles ambitions.

« C’était devenu indispensable, souligne Yannick Lejeune, parce qu’aujourd’hui, les blogs se sont institutionnalisés au point de perdre leur spécificité. C’est devenu quelque chose de commun, quoi. Alors une grande partie des auteurs qui publient des BD sur Internet le fait d’abord à travers les réseaux sociaux. » C’est un fait : si la bande dessinée traditionnelle, réalisée à l’encre et sur papier, a encore de beaux jours devant elle, de nouveaux usages ont vu le jour avec l’avènement des outils numériques. « Il y a eu une migration de certains auteurs vers le Turbomédia (ndr : récit en images sur Internet dont le lecteur contrôle le sens et/ou la vitesse de lecture) et les réseaux sociaux, pour toucher encore davantage de lecteurs. Du coup, il fallait que notre manifestation embrasse toute la BD numérique, et plus seulement les blogs ».

Et qui dit mutation, dit nouveau nom : le Festiblog est donc devenu We Do BD. « We, parce que le numérique permet la collaboration, l’interaction immédiate », précise Yannick Lejeune. « Do, parce qu’on est un festival au sein duquel se crée de la BD numérique : cette année, par exemple, il va y avoir un Turbomédia avec Balak et d’autres auteurs, dont certains seront à New-York et à Tokyo. Sans compter les ateliers dans lesquels le public sera amené à créer des Bds avec les auteurs. Enfin BD, c’est parce qu’on aime et promeut toutes les bandes dessinées, numériques ou pas ».

Si l’adoption d’un anglicisme est discutable, le virage qu’aborde l’ex-Festiblog semble, lui, absolument légitime. Les parisiens pourront donc assister, ce week-end, à de nombreuses animations ludiques et interactives : ateliers de création de BD numérique (au cours desquels les visiteurs collaboreront avec les artistes présents), Masterclasses, concerts dessinés, spectacles d’improvisation numériques etc.

Seule interrogation : en mutant ainsi, le festival ne « perd-il pas son âme » ? « Absolument pas », selon Yannick Lejeune, qui affirme que « Les séances de dédicace, qui sont un peu notre ADN, existent et existeront toujours. Tout comme la gratuité de l’événement. La seule grosse différence au niveau de l’organisation, c’est qu’on investit enfin un lieu couvert. Du coup, bye-bye les dessins détrempés par les caprices de la météo. »

« We Do BD » - Samedi 10 et dimanche 11 octobre 2015, de 11h à 19h
Carreau du Temple, Paris - Entrée libre

Programme complet sur www.festival-blogs-bd.com