Preview BD: Iznogoud rencontre son père

BD IMAV éditions et « 20 Minutes » ont le plaisir de vous présenter les 10 premières planches des nouvelles aventures du méchant vizir…

Olivier Mimran

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Iznogoud face à son probable père (extrait)
Iznogoud face à son probable père (extrait) — L. VASSILIAN, N. TABARY & IMAV ÉD. 2015

Avec 10 millions d’albums vendus par le monde (la série est traduite en 15 langues) depuis sa création, en 1962, Iznogoud est l’un des personnages les plus célèbres et appréciés de la bande dessinée francophone. Chacune de ses nouvelles aventures est donc un petit événement. À l’occasion de la sortie du 30e tome de la série, 20 Minutes a rencontré Nicolas Tabary, fils du co-créateur d’Iznogoud et qui en a repris le dessin. Il raconte la difficulté de « prendre la suite de son père » à l’issue de la preview ci-dessous. Bonne lecture !

Résumé : Pour le plus grand plaisir sadique des lecteurs, Iznogoud revient avec de nouveaux stratagèmes… tous voués à l’échec. Vil, bas, mesquin, méchant, bête et brutal, l’ignoble vizir ne renonce jamais : il veut être calife à la place du calife !! Plus déterminé que jamais, Iznogoud va cette fois se retrouver confronté à… son père !

Né de la plume du grand René Goscinny (également « papa » d’Astérix, du Petit Nicolas et scénariste de Luky Luke), Iznogoud, le méchant vizir qui veut « devenir Calife à la place du Calife » n’a, malgré ses 53 ans, rien perdu de sa perfidie ! Dans « De père en fils », le voilà qui, suite à l’abandon (temporaire, rassurez-vous) du pouvoir par Haroun el Poussah, revendique cette souveraineté après laquelle il court depuis des lustres. Sauf qu’un conseil de sages lui demande de prouver, au préalable, qu’il est bien, même d’assez loin, de lignée « royale ». L’éternel intrigant se lance donc à la recherche de son géniteur…

N’est pas Goscinny qui veut

Ce postulat donne évidemment lieu à une multitude de quiproquos abracadantesques, soutenus par de nombreux (et plus ou moins heureux) jeux de mots, qui permettent à ce nouvel album de ne pas dénoter au cœur de la série. Sauf que le scénariste Laurent Vassilian, ex-auteur des Guignols de l’info et actuel coauteur des gags de Nicolas Canteloup, n’est pas Goscinny. Son récit, bien que résolument moderne, s’avère un brin poussif et risque de décevoir les fans de la première heure.

Tel père, tel fils…

Côté dessin, en revanche, on reste en terrain connu. Celui-ci n’est pourtant plus réalisé par Jean Tabary, dessinateur historique de la série hélas disparu en 2011, mais par son propre fils, Nicolas. Comme quoi, les chiens ne font pas des chats. « Je pensais depuis longtemps à reprendre Iznogoud… sans y penser vraiment », se souvient Nicolas Tabary. « Il faut dire que je baignais dans l’univers d’Iznogoud depuis l’enfance, alors j’ai naturellement commencé à travailler sur des strips avant même que mon père ait des problèmes de santé (vers 2002) ».

Son père n’ayant plus la force de travailler, Nicolas dessine donc son premier album d’Iznogoud, Les Mille et Une Nuits du calife, en 2008. Il signe donc avec De père en fils son 3e album : « Quand on y pense, je reste un débutant, c’est pour ça que la pression qu’implique la reprise d’un personnage aussi célèbre est toujours aussi forte », confesse-t-il.

« La vedette, c’est le personnage »

On imagine combien il doit être difficile de se réaliser en tant qu’artiste lorsqu’on prend en charge un tel héritage. « Pas vraiment, précise-t-il, car je n’ai, honnêtement, pas tant d’ego que ça. Je ne me suis jamais senti “dans l’ombre” de mon père, mais plutôt “à l’ombre” de mon père puisque c’était quelqu’un de bienveillant, dont j’admirais énormément le talent et la personnalité. Je n’ai pas l’impression de faire quelque chose d’exceptionnel, ni d’être quelqu’un d’important. C’est le personnage qui est une vedette, le dessinateur n’est qu’un exécutant. »

Nicolas Tabary, qui se décrit comme « quelqu’un qui est tombé dans Iznogoud comme Obélix dans le chaudron de potion magique ! », a en tout cas le sentiment de ne pas trahir l’œuvre de son défunt père. « Mon frère et ma sœur, à propos de ce dernier album, m’ont dit : “là où il est, papa doit être fier de toi” », soupire-t-il. Avant d’ajouter : « En tout cas, je pense - non, je suis sûr - qu’il aurait été ému par le sujet (la filiation d’Iznogoud) et sa symbolique au sein de notre famille ».

Iznogoud t30 « De père en fils », de Laurent Vassilian & Nicolas Tabary - IMAV Éditions, 10,60 euros
En librairie le jeudi 8 octobre 2015.