«Pour moi, le blasphème, c’est sacré !», s'amuse Sophia Aram

INTERVIEW L'humoriste est à l'affiche du Fond de l’air effraie, son nouveau spectacle...

Anne Demoulin
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L'humoriste et chroniqueuse de France Inter Sophia Aram.
L'humoriste et chroniqueuse de France Inter Sophia Aram. — Impresario

Un spectacle drolatique sur fond d’actualité dramatique. Dans Le fond de l’air effraie, Sophia Aram bocarde le FN, les djihadistes, Eric Zemmour, Valérie Trierweiler, son passage sur France 2, les bobos et les attentats à Charlie Hebdo. Si l’humoriste clame sur scène qu’elle est de « gauche et de mauvaise foi », le seul parti auquel elle adhère, c’est celui d’en rire. Explications.

On vous qualifie d’humoriste politique…

J’ai dit que j’étais de gauche. J’assume mes opinions. Pourquoi je le dis ? La transparence est plus importante que la pseudo-neutralité dans laquelle je ne crois pas. Les spectateurs et les auditeurs savent faire la part des choses. Si je fais une vanne, ils savent que je parle de mon point de vue de gauchiste !

Pensez-vous que les humoristes ont de l’influence politiquement ?

On ne fait pas de l’humour pour ça ! Je pense simplement permettre un autre regard sur le monde qui nous entoure. Dans cette époque qui n’est pas très jolie, j’essaye juste d’apporter un peu de légèreté, même si ce n’est pas toujours évident.

L’attentat contre Charlie Hebdo est survenu en pleine écriture…

Après la torpeur et l’émotion, on s’est dit avec Benoît Cambillard qu’il était difficile d’en parler, mais qu’on ne pouvait pas ne pas en parler. La question était de savoir ce qu’on voulait en dire et comment essayer d’être drôle.

Comment faire rire avec des sujets graves comme les djihadistes ?

Pour les djihadistes, il suffit de lire la presse, c’est du pain bénit. Pas très athée cette expression ! (rires) Ce sont des Pieds nickelés ! Le djihadiste du spectacle qui oublie de désactiver la localisation de son portable, c’est une histoire vraie…

Peut-on rire de tout, même de la religion ?

En France, il n’y a pas de limites à la liberté d’expression, si ce n’est la loi. Utilisons cette liberté, profitons-en et amusons-nous. Pour moi, le blasphème, c’est sacré ! Je le dis dans le spectacle. Je comprends qu’il y ait des gens que ça gêne. Ils ont juste à passer à autre chose, ce n’est pas grave.

Et si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, qu’il dise sur le spectacle ?

C’est une question que je ne me suis jamais posée. S’il existe - ce dont je doute vraiment -, je pense qu’il a le sens de l’humour. J’espère qu’il me dise qu’il s’est marré. Et en même temps, s’il existe, quel flemmard !

Infos pratiques :

Le fond de l’air effraie, au Palais des Glaces, jusqu'au 2 janvier.