VIDEO. Sylvie Joly, une «authentique givrée» est morte

DISPARITION La comédienne et humoriste s'est éteinte à l'âge de 80 ans dans la nuit de jeudi à vendredi...

A.D. et O. G.

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Sylvie Joly en 2005, à la première de la pièce «Amitiés Sincères» au Théâtre Edouard-VII.
Sylvie Joly en 2005, à la première de la pièce «Amitiés Sincères» au Théâtre Edouard-VII. — RACKAM/SIPA

Elle était la pionnière du one-woman-show. Selon une information du Point, confirmée par l’AFP, l’humoriste Sylvie Joly est morte dans la nuit de jeudi à vendred à l’âge de 80 ans. « Sylvie souffrait d’une maladie de Parkinson sévère, qui n’est pas forcément mortelle. Elle s’est éteinte d’un arrêt cardiaque en fin de nuit, à notre domicile à Paris », a déclaré son époux Pierre Vitry à l’AFP. L’humoriste avait évoqué sa maladie en 2010 dans son autobiographie, C’est votre vrai nom ?, sortie chez Flammarion en 2010.

Du prétoire à la scène

Enfant du 6e arrondissement de Paris, Sylvie Joly était à l’école avec Bernadette Chodron de Courcel, future madame Chirac : « Mes parents ne voulaient pas que je la fréquente parce qu’ils trouvaient qu’elle avait mauvais genre », avait-elle plaisanté dans un entretien accordé au Point en 2012.

Sylvie Jolie fait d’abord des études de droit. Pour l’examen final afin de devenir avocate, elle tombe sur l’adultère. Elle ouvre sa plaidoirie en citant Sacha Guitry : « A l’égard de celui qui vous prend votre femme, il n’est de pire vengeance que de la lui laisser ».

Elle quitte le barreau après cinq ans de carrière pour ouvrir une des premières friperies, Le Saint-Frusquin. Le Tout-Paris, dont Brigitte Bardot, raffole de l’endroit. Mais, sa véritable vocation, c’est la scène.

Son mari, Pierre Vitry, la pousse à réaliser son rêve. Elle fait le cours Simon, l’école Tania Balachova, le Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille, le cours de music-hall de l’Olympia, et écrit en été son premier spectacle avec sa soeur, Fanny, âgée de 16 ans.

Une grande dame de l’humour

Au théâtre, elle interprète Ionesco, Tchekhov, Brendan Behan et Marivaux, sous la direction de Tania Balachova et Georges Wilson.

Elle est la première femme en France à monter seule sur scène pour faire un one-woman-show. Elle s’y démarque par un humour féroce, comme dans un de ses plus célèbres sketchs, L’après-diner. Show bourgeois, Ne riez jamais d’une femme qui tombe, La vie, c’est pas de la rigolade, elle enchaîne les spectacles, rythmé par ce célèbre gimmick : « Absolument, absolument ». « Une authentique givrée », écrit France Soir.

La marraine d’une génération de comiques

A la télévision, elle apparaît dans la série Palace, réalisée par Jean-Michel Ribes. Sylvie Joly fut la marraine de bien des humoristes français comme Dany Boon ou Pierre Palmade, dont elle mettra en scène les premiers spectacles.

L’humoriste s’est également illustrée au cinéma, notamment dans Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky, pour lequel elle avait été nommée au César en 1987. Elle incarne à merveille une grande bourgeoise aux côtés de Jacques François dans Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2Son dernier rôle au cinéma remontait à 2007, dans L’Auberge rouge de Gérard Krawczyk.