VIDEO. Le clip de Taylor Swift taxé d’être «colonialiste»

POLEMIQUE La vidéo « présente une version "glamour" du fantasme colonialiste blanc au sujet de l’Afrique », estiment les médias américains…

Anne Demoulin

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Taylor Swift aux MTV Video Music Awards  le 30 août 2015.
Taylor Swift aux MTV Video Music Awards le 30 août 2015. — SIPANY/SIPA

Taylor Swift au cœur d’une polémique. La chanteuse a dévoilé ce dimanche son nouveau clip Wildest dreams, jugé « colonialiste » par plusieurs médias américains. Dans la vidéo, réalisée par Joseph Kahn, Taylor Swift joue une actrice qui tombe amoureuse de son partenaire de tournage, campé par Scott Eastwood, le fils de Clint, en Afrique, dans les années 1950. Bourré de clichés, le clip serait nostalgique de l’Afrique colonisée.

« Taylor Swift rêve d’une Afrique vraiment blanche »

« Pour un clip qui se passe en Afrique, il est à peu près aussi blanc qu’un marché fermier du dimanche matin », note The Daily Dot qui rappelle que pour le clip de Shake it off, la chanteuse avait déjà été accusé de faire du « racisme accidentel ».

« Une version "glamour" du fantasme colonialiste blanc »

« Taylor Swift rêve d’une Afrique vrai­ment blanche », note NPR (National Public Radio). « Il est choquant de voir qu’en 2015, Taylor Swift, sa maison de disques et ses producteurs pensent qu’il n’est pas dérangeant de filmer une vidéo qui présente une version "glamour" du fantasme colonialiste blanc au sujet de l’Afrique », dénoncent encore deux journalistes de la radio publique américaine.

Sur le Huffington Post américain, les critiques fusent encore : « Plutôt que de s’approprier une culture, Taylor Swift a opté pour l’option plus osée qui consiste tout simplement à incarner l’exploitation politique d’une région du monde et de son peuple », a écrit la critique Lauren Ducan. Avant d’ironiser : « C’est courageux, vraiment. Presque aussi courageux que se mouvoir avec sensualité à côté d’un vrai lion ».

Un hommage aux films hollywoodiens, défend le réalisateur

Si Taylor Swift n’a pas répondu aux critiques, le réalisateur Joseph Kahn a rappelé dans un communiqué que Wildest dreams n’était pas « à propos du colonialisme, mais à propos d’une histoire d’amour sur un tournage en Afrique, en 1950 », expliquant qu’il s’agissait d’un hommage à des films tels que The African Queen, Out of Africa ou Le Patient anglais.

Il estime que s’il avait mis « plus d’acteurs noirs à l’écran », il aurait été taxé de « réécrire l’histoire » et rappelle que le monteur et la productrice du clip sont afro-américains, et qu’il est lui-même d’origine asiatique.

Enfin, il conclut en rappelant que Taylor Swift a choisi de donner toutes les recettes de cette vidéo à la African Parks Foundation, qui protège les animaux en voie de disparition et soutient financièrement la population africaine.

Depuis sa mise en ligne dimanche soir, il a été visionné plus de 13 millions de fois. Un bon bad buzz !