Baboom, la plateforme de musique imaginée par Kim Dotcom est en ligne

STREAMING Son sulfureux fondateur ne fait finalement plus partie de l’aventure, qu’il a abandonnée en cours de route l’an dernier…

Anaëlle Grondin

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La page d'accueil du service de musique en streaming Baboom.
La page d'accueil du service de musique en streaming Baboom. — Capture d'écran / 20 Minutes

Kim Dotcom était fier de présenter Baboom en septembre 2014. Finalement, la plateforme de musique en streaming a été lancée ce lundi sans lui. Le sulfureux fondateur des sites illégaux MegaUpload et MegaVideo, fermés par le FBI en janvier 2012, avait imaginé ce nouveau service avant d’abandonner le projet en cours de route et de revendre ses parts.

A quoi ressemble Baboom finalement ?

Le site ressemble à n’importe quelle plateforme de musique en streaming. Il y a une option « search » pour rechercher un titre, un artiste ou une chanson, une partie « discover » (découverte) et aussi une partie « playlist ». L’écoute peut se faire sur le Web ou depuis des appareils Android et iOS.

Quels artistes retrouve-t-on sur la plateforme ?

Les majors ont refusé de travailler avec Baboom (ou avec Kim Dotcom au départ ?). Si vous voulez écouter Metallica, One Direction ou Drake, passez votre chemin. Impossible de connaître l’ampleur du catalogue, mais la plateforme privilégie les artistes et labels indépendants, voire les titres de musiciens n’ayant encore jamais signé dans une maison de disques.

Combien coûte le service ?

Baboom propose une offre gratuite de musique en streaming avec des publicités ainsi qu’une offre Premium facturée 6,62 euros par mois sans publicité.

Combien touchent les artistes ?

La particularité de Baboom est sa promesse de reverser 90 % des revenus générés dans les poches des artistes directement (contre environ 10 % chez iTunes, Spotify ou Deezer).

Les pratiques peu orthodoxes de Kim Dotcom

Kim Dotcom avait commencé à travailler sur Baboom en 2011, avant la fermeture de MegaUpload. Le modèle économique qu’il avait envisagé était différent de ce qu’il est aujourd’hui. Kim Dotcom avait prévu de « traquer » les utilisateurs du service sur le Web et de remplacer les pubs présentes sur les autres sites par ses propres publicités. Une pratique peu orthodoxe. Il avait fini par quitter le navire en octobre 2014. A ce moment-là, il avait tweeté : « Au revoir Baboom. L’industrie de la musique me déteste. Vous ferez mieux sans moi. » Aujourd’hui, il n’existe plus aucune trace de sa collaboration sur la plateforme.

Mais Kim Dotcom n’a pas l’intention de se faire oublier pour autant. Lundi, jour du lancement officiel de Baboom, le fondateur de MegaUpload a publié sur SoundCloud ce qu’il présente comme un enregistrement d’une conversation téléphonique de 32 minutes entre lui-même et des représentants d’Universal Music qui se serait tenue « deux jours avant le raid pour fermer MegaUpload ». Kim Dotcom assure qu’en 2012, Universal voulait faire ami-ami avec lui pour lutter contre Google et souhaite en apporter la preuve avec cette bande audio. Une nouvelle polémique en vue ?