La mort dans les romans: Explosé aux yeux de tous

SERIE D'ETE (5/5) A travers des polars et des romans de science-fiction parus cette année, en grand format ou en poche, « 20 Minutes » passe en revue les manières de passer de vie à trépas…

J.M.

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Explosion d'une usine de feu d'artifices, en Chine, en 2004.
Explosion d'une usine de feu d'artifices, en Chine, en 2004. — LI GA/AP/SIPA

Les bombes ne descendent pas forcément du ciel. Conçues pour faire un maximum de morts, elles sont les joujous préférés des terroristes, en Occident comme en Orient.

Aux Etats-Unis

A moins d’un kilomètre de la Maison-Blanche, à Washington DC, un homme a été mis sous surveillance policière afin qu’il rencontre le suspect d’activités terroristes. Mais rien ne se passe vraiment comme prévu. A l’endroit où devait avoir lieu le contact, une bombe chargée de copeaux de métal explose, réduisant l’indicateur en petits morceaux sanguinolents. « Les gens se regardaient ne sachant que faire, se demandant ce que ce désordre signifiait dans leur vie quotidienne. Mais les attentats étaient devenus plus fréquents a cours des dernières années, et s’ils n’en avaient jamais été témoins, à tout le moins ils en avaient vu à la télé, et c’était en fonction de cela qu’ils réagissaient. »

Dans Les Brillants, Marcus Sakey met en scène le thème celui des « mutants » en le situant dans notre monde contemporain. Depuis les années 1980, un peu moins de 1 % des êtres humains naissent avec des aptitudes particulières : une femme arrive à se déplacer de manière invisible en se positionnant à chaque fois à l’abri des regards, certains hommes possèdent une mémoire absolue, d’autres une intuition hors du commun. On les appelle des Brillants. L’Etat américain les traque, pour éviter qu’ils développent et mettent en commun leurs pouvoirs. Au centre de ce bon thriller d’anticipation, l’agent Nick Cooper est chargé de mettre fin aux activités des terroristes.

Les Brillants, de Marcus Sakey (Gallimard, Série noire, 19,90 euros)

En Turquie

Bientôt va avoir lieu la demi-finale de la Ligue des champions, avec un match Galatasaray-Arsenal. Il est sept heures du matin. Il fait 33°C, c’est Istanbul en avril 2027, avec une Turquie désormais rentrée dans l’Union européenne. Dans un tramway bondé, une kamikaze actionne sa bombe « et sa tête vole en éclats ». « Le bruit mat qui accompagne l’explosion d’un crâne absorbe tous les autres sons, et seul un silence d’une pureté absolue lui succède. (…). La foule exerce sa pression sur les portes toujours verrouillées, maintenant la femme décapitée en position verticale ».

C’est par une scène d’attentat, dont les auteurs seront découverts, que débute La Maison des derviches, de Ian McDonald, couronné du British Science Fiction Association Award 2010. Cet auteur britannique s’est fait une spécialité d’explorer les cultures non occidentales dans ses romans de science-fiction (Le Fleuve des Dieux, Brasyl…). Dans ce thriller très atmosphérique, il dépeint Istanbul comme une mégalopole tentaculaire et grouillante, à la fois appuyée sur ses traditions, mais portée vers l’avenir grâce à l’usage des nanotechnologies.

La Maison des derviches, de Ian McDonald (Folio SF, 9,50 euros)