La mort dans les romans: Avec du calibre plus ou moins gros

SERIE D'ETE (4/5) A travers des polars et des romans de science-fiction parus cette année, en grand format ou en poche, « 20 Minutes » passe en revue les manières de passer de vie à trépas…

J.M.

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Des cartouches de fusil.
Des cartouches de fusil. — JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Sans munition, les cadavres ne se ramasseraient pas à la pelle dans les polars et les thrillers. Dans le Wyoming, on entend siffler le.22 Long Rifle. En Afghanistan, on sort la grosse artillerie.

A la carabine

Dans le Wyoming, ça sent la campagne et la poudre. Wade Barsad, un propriétaire terrien, est descendu à coups de six balles de carabine Savage, des munitions de.22 Long Rifle. C’est ce que l’autopsie a révélé. Une autopsie compliquée à mener puisque le corps de Wade Barsad a été retrouvé brûlé dans son ranch de 700 m2. Car le meurtrier ne s’est pas contenté de dessouder l’homme. Il a mis le feu à l’écurie, tuant aussi les chevaux. Principal suspect : l’épouse même du propriétaire, Mary Barsad.

Voilà un bon motif d’enquête pour le shérif Walt Longmire, dont Dark Horse est la cinquième aventure. Ces récits ont déjà été adaptés en série télévisée. Netflix devrait diffuser la quatrième saison. Ce qu’on aime chez Walt Longmire, c’est sa placidité rurale, pleine de sagesse : « Une des pires images infligées à la société est celle d’un cow-boy avec une arme à feu – si vous donnez à un cow-boy le choix entre une arme et une corde, il prendra toujours la corde, parce que c’est comme ça qu’il gagne sa vie. Aucun cow-boy digne de ce nom ne gagne sa vie avec une arme à feu. »

Dark Horse, de Craig Johnson (Points Seuil, 7,95 euros)

Au lance-roquettes

En Afghanistan, en 2008, la province de Nangarhar s’avère « un exemple de réussite en matière d’éradication et de lutte contre le trafic de drogue », écrit DOA dans Pukhtu, l’un des meilleurs thrillers français de 2015. Seulement, la corruption règne dans tout le pays, aussi bien du côté des forces alliées afghanes et américaines que des talibans. Dans ce roman hyper-documenté, une fresque historique qui décrit sans concession l’horreur de la guerre, la mort frappe partout. Du début jusqu’à la fin.

Extrait : « Voodoo appuie sur la détente. Le coup part, sans beaucoup de recul. L’explosion les surprend quand même tous un peu et ils détournent la tête à cause du retour de souffle, des éclats et des débris. Wild Bill se ramasse un bout de truc humide sur la tronche et éructe contre tous les enculés de leur mère de la création en s’essuyant le front. » C’est ainsi qu’un prisonnier afghan, attaché par des chaînes à un mur, a été abattu au lance-roquettes. Une victime anonyme, parmi d’autres, d’un sale conflit.

Pukhtu Primo, de DOA (Gallimard, Série noire, 21 euros)