La mort dans les romans : Déchiqueté, façon puzzle

SERIE D'ETE (1/5) A travers des polars et des romans de science-fiction parus cette année, en grand format ou en poche, « 20 Minutes » passe en revue les manières de passer de vie à trépas…

J.M.
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Après un passage à la broyeuse.
Après un passage à la broyeuse. — JOHN MACDOUGALL / AFP

D’un côté, voici le deuxième tome d’un bon space opera, divertissant, qui est adapté en série télévisée sur la chaîne Syfy, de l’autre un roman graphique glaçant sur la jeunesse d’un serial killer.

En morceaux

La scène se passe sur Ganymède, un satellite de la planète Jupiter. Deux cents ans dans le futur, l’humanité a colonisé tout le système solaire, mais s’est divisée en deux puissances, l’une issue de Mars, l’autre de la Terre. Sur Ganymède, c’est le statu quo, car le satellite sert de grenier à blé pour tout le monde. Mais dans La Guerre de Caliban, un monstre va rompre cette harmonie. « Les deux mains de la chose saisirent un Marine des Nations unies et le déchirèrent en deux comme s’il avait été en papier. La combinaison en titane et céramique tressés, céda aussi facilement que les chairs sous elle, aspergeant la neige de morceaux de technologie et de viscères gluants. »

Ce monstre va décimer tous les soldats présents sur la zone, laissant pour rescapée le sergent Robert Draper. Seul témoin de ces meurtres, elle va empêcher que les deux factions s’affrontent. La soldate pourra compter sur l’aide de James Holden et de son équipage, rencontrés dans le premier opus de ce space opera ébourriffant. Il se pourrait bien qu’une invasion extra-terrestre soit en marche.

La guerre de Caliban The Expanse 2, de James A. Corey (Actes Sud, 23,90 euros).



En charpie

En 1976, deux adolescents partent en vadrouille dans l’Ohio, l’un s’appelle Neil, l’autre Jeffrey. Au bord d’un lac artificiel, créé par le père du premier, ils s’arrêtent pour pêcher des poissons-lunes. « On les relâche après les avoir attrapés », explique Neil. Mais après avoir pêché son premier poisson, Jeffrey ouvre son canif de poche et met l’animal en pièces, sans la dextérité d’un chef sushi. Ce n’est pas la première fois que Jeffrey s’en prend sauvagement aux animaux. Auparavant, il s’était déjà amusé à dissoudre des cadavres de chat, raton-laveur, lapin et corneille dans l’acide.

Malheureusement, Jeffrey s’attaquera plus tard à démembrer de plus grosses proies. En préface de ce livre à frissonner, Stéphane Bourgoin, écrivain spécialisé dans l’étude des tueurs en série, indique : « Au moment où s’achève le roman graphique de Derf Backderf, Jeffrey Dahmer tue sa première victime. Seize autres hommes périront de sa main. » Qui veut assister à la naissance d’un serial killer ?

Mon ami Dahmer, de Derf Backderf (Points Seuil, 8 euros).