Voilà les livres de poche qui vont sauver votre été (2/3)

SERIE DE L'ETE Vous ne savez pas quel livre emporter dans votre énorme malle? «20 Minutes» a pensé à vous…

William Molinié, Annabelle Laurent, Hélène Sergent

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Des malles.
Des malles. — SUPERSTOCK/SIPA

Cette année, vous avez décidé de vous laisser aller à votre penchant naturel et d’emporter votre maison avec vous en vacances. Vous voyagez donc accompagné d’une malle. Prends ça, Bear Grylls ! Entre vos huit paires de chaussures, les altères et vos raquettes de plage, vous avez tout le loisir de choisir autant de livres que vous voulez. Et des gros, même: les livres de moins de 600 pages n’ont aucun intérêt, n'est-ce pas?

20 Minutes a sélectionné neuf coups de cœur littéraires, et ces trois-là semblent calibrés pour vous. Trois romans que vous ne pourrez pas lâcher, et votre été est sauvé:

Par ici, trois livres de poche à caler dans un sac à dos trop rempli

Et par là, trois autres à glisser dans votre valise

  • «American Desperado», Jon Roberts et Evan Wright

Le pitch: Jon Roberts aurait pu choisir le camp du bien. Mais tout au long de sa vie, le célèbre mafieux new-yorkais des années 1970 et 1980 a plutôt penché du côté du mal. Racket, trafic de cocaïne, meurtres: son épopée criminelle le hissera au sommet, avant qu’il ne soit rattrapé par la police et accepte de coopérer avec la justice. Evan Wright, écrivain et journaliste américain, a passé trois ans à l’interviewer. American Desperado est le récit de leurs rencontres. Sans doute un des meilleurs depuis Wiseguy de Nicholas Pileggi, à l’origine des Affranchis.

Pourquoi c’est LE livre qu’il vous faut: Parce que vous aimez les aventures de gangster. Cultivez-vous en découvrant le mode d’emploi pour casser la gueule d’un type muni d’une batte de baseball sans se tâcher. Retenez les punchlines de vos futurs dîners mondains: «Je n’ai eu aucun respect pour la vie humaine. Ça a été la clé de ma réussite.» Si vous vous attendez aux confessions d’un repenti, tournez la page. Jon Roberts ne regrette rien.

Où, quand? A New York, en Sicile ou au Mexique. Attention, au tournant des 730 pages, ne paniquez pas si votre propre vie vous apparaît fadasse et sans intérêt.

Le Livre de Poche, 9,10 euros. 744 pages.

  • «Karoo», Steve Tesisch

Le pitch: Alcoolique, d’un cynisme à toute épreuve, Saul Karoo est «script-doctor». Il réécrit les scénarios hollywoodiens pour les rendre bankable, sans états d’âme. Jusqu’à ce qu’on lui mette entre les mains le film du célèbre Arthur Houseman, un chef-d’œuvre. Et qu’il reconnaisse dans les rushs la voix d’une jeune actrice, entendue des années plus tôt…

Pourquoi c’est LE livre qu’il vous faut: Parce que vous avez envie d'une grande tragédie contemporaine qui puisse aussi vous faire rire. Les 50 premières pages sont magistrales. Mystérieusement sobre alors qu'il vide tous les verres d’un cocktail mondain de Manhattan, Saul Karoo est obligé de faire semblant: question de réputation. Les 550 pages suivantes sont tout aussi drôles et désespérées. Roman d’une chute, odyssée tragi-comique, Karoo est bluffant de bout en bout.

Où, quand? Dans un café sur Hollywood Boulevard ou en Serbie dont est originaire le scénariste Steve Tesisch, mort en 1996 d’une crise cardiaque quelques mois après avoir achevé Karoo (et 14 ans après Price).

Points, 8,60 euros. 592 pages.
 
  • «Les Sauvages», tome 1 & 2, Sabri Louatah

Le pitch: A Saint Etienne, la famille Nerrouche célèbre le mariage d’un cousin. Au même moment, les Français s’apprêtent à voter pour l’élection présidentielle qui oppose Nicolas Sarkozy à Idder Chaouch, premier candidat kabyle. En quelques heures, la fête et le destin du prétendant à l’Elysée vont voler en éclats.

Pourquoi c’est LE livre qu’il vous faut: Parce que vous adorez les sagas politiques et judiciaires. Pour la vitalité d’écriture, le suspense, la modernité de l’auteur, et la résonnance assez prémonitoire avec l’actualité française. La galerie de personnages est incroyablement attachante et le lecteur va et vient dans des univers à la fois fascinants (les couloirs de la DGSI, de l’Elysée, des barres des quartiers populaires de Saint-Etienne) et méconnus. Très cinématographique, l’écriture devrait parler aux fans de House of Cards ou Game of Thrones.

Où, quand? Au calme, à l’ombre dans un hamac. Evitez la plage sous 30° si vous voulez apprécier la densité des personnages et la complexité de l’enquête. Attention, l’intrigue s’emballe vite et devient rapidement addictive, le genre de bouquin qui empêche le lecteur d’éteindre la lumière avant de se coucher.

J’ai Lu, 13,90 euros. Tome 1 & 2: 633 pages.