Les leçons de «Modern Romance», le best-seller d'Aziz Ansari qui vous dit pourquoi vous n'avez pas trouvé l'amour (3/5)

SERIE D'ETE « 20 Minutes » vous propose cette semaine une série d’été sur les applications de rencontre…

Annabelle Laurent

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Des exemplaires de
Des exemplaires de — SIPANY/SIPA

Jamais l’humanité n’a eu à disposition autant d’outils pour faciliter les rencontres.
La réalité : vous êtes célibataire.
Votre nouveau gourou ? Aziz Ansari.
Les fans de Parks and Recreation le connaissent comme Tom Haverford, le subalterne tête à claques de Leslie Knope (Amy Poehler), en quête perpétuelle de swag.

Comptant parmi les comiques de stand up les plus populaires des Etats-Unis, le comédien de 32 ans vient d’acquérir un nouveau statut : Docteur Love des temps modernes. Un titre qu’il doit à la publication mi-juin d’un premier livre acclamé par la critique et déjà best-seller : Modern Romance, co-écrit avec le sociologue Eric Klinenberg.

On l’a lu, et on a bien ri. Pour ce genre de remarques…

… ou cette façon de raconter les histoires :



On a appris pas mal de choses, aussi : pour comprendre pourquoi « tant de personnes ont désormais tant de mal face à un défi que les gens ont depuis toujours relevé relativement efficacement : rencontrer quelqu’un », Aziz Ansari et Eric Klinenberg ont interviewé des centaines de célibataires dans des « focus groups », à New York et Los Angeles, Wichita et Monroe, récolté des pépites sur ce forum Reddit, voyagé au Japon, à Paris et Buenos Aires, fouillé la recherche sur le sujet et interviewé des dizaines d’experts.

Voici donc quelques-unes des sages paroles du gourou Aziz :

1. On est (très) mauvais pour savoir ce que l’on recherche

En 2008, le « chef des algorithmes » de Match.com a découvert pourquoi les couples considérés comme compatibles par l’algorithme allaient rarement au-delà du premier rendez-vous : « Le type de partenaires qu’ils disaient chercher ne correspondait pas à celui qui les intéressait vraiment. Les gens brisaient leurs propres règles. »

Aziz Ansari se rappelle avoir indiqué qu’il cherchait une fille brune, petite, plus jeune. Résultat des courses : « Ma copine a deux ans de plus que moi, fait à peu près ma taille – OK, UN PEU PLUS GRANDE. Et elle est blonde. »

2. On ne sera jamais sûr d’avoir fait le bon choix

« Jamais personne dans l’histoire n’a eu à faire un choix en ayant eu autant d’options, et autant d’attentes » Des témoignages recueillis dans une maison de retraite de New York ont rappelé aux auteurs ce que pouvaient être, auparavant, les « bonnes raisons » de se marier : « Elle était gentille », « Il avait un bon boulot ». Les raisons citées aujourd’hui ? « Je ne serais rien sans lui/elle », au minimum.

Des attentes transformées, et mille fois plus de choix (en Inde, le père de l’auteur avait eu 30 minutes pour choisir parmi trois femmes celle avec laquelle il passerait le restant de ses jours). De quoi se mettre en tête qu’existe quelque part la personne idéale… Soit « la recette du malheur », rétorque à Aziz Ansari le psychologue Barry Schwartz (Le paradoxe du choix, 2006) qui a passé sa carrière à prouver que l’abondance de choix créait de l’indécision (parfois) et de l’insatisfaction (toujours).

3. Six messages peuvent suffir 

Un chiffre de l’université de Chicago assez ahurissant : un tiers des couples qui se sont mariés aux Etats-Unis entre 2005 et 2012 se sont rencontrés en ligne. Mais les témoignages du livre révèlent autre chose : les célibataires adeptes de sites de rencontres sont « épuisés » par ce « boulot à plein temps ». Aziz Ansari nous déprime complètement avec l’histoire d’Arpan, 29 ans, passé en trois ans du célibataire enjoué qui soignait ses approches à un adepte du message de base (« Wasup ») copié-collé à 30 filles en même temps (tout aussi plombant : un chercheur a prouvé que c’était plus « efficace »).

Alors, conseil du sage : une fois la conversation entamée, « lâchez cet écran et allez le/la rencontrer ». A en croire une consultante interviewée, six messages suffisent avant une rencontre.

4. Les premiers SMS nous rendent tous fous (ce n’est pas que vous)

C’est l’un des meilleurs passages du livre : après avoir rappelé que dans des temps préhistoriques, la première approche se faisait avec un appel (merci d'expliquer aux plus jeunes), Aziz Ansari a eu le luxe de pouvoir s’inviter dans les téléphones pour y retrouver les tous premiers SMS. Il en a lus quelques-uns chez Jimmy Fallon. Cadeau :

Et voici donc les sacro-saintes règles du SMS :