«50 nuances de Grey»: Le nouveau tome éreinté par la critique et les internautes

BEST-SELLER Christian Grey est décrit comme un « psychopathe » dans une « resucée » de la trilogie…

Anne Demoulin

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E.L. James,  lors de la sortie américaine de «Grey» le 18 juin 2015.
E.L. James, lors de la sortie américaine de «Grey» le 18 juin 2015. — Mary Altaffer/AP/SIPA

Le quatrième tome de la saga de l’auteure britannique E.L. James, intitulé tout simplement Grey narre les aventures érotiques du milliardaire et de l’étudiante du point de vue du héros. Le roman, qui paraît ce mardi 28 juillet aux éditions Jean-Claude Lattès, coûte 17 euros pour 556 pages. Le livre a été, lors de sa sortie aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, éreinté la critique et les internautes. Alors, cela vaut-il la peine d’investir ?

Christian Grey est un « psychopathe »

« Existe-t-il un mot de code que nous pourrions utiliser pour que vous arrêtiez d’écrire de telles inepties ? », a lancé une lectrice à E.L. James, qui participait le 29 juin à une séance de questions/réponses sur Twitter, faisant référence aux pratiques BDSM du héros.

#AskELJames Is there a safe word we can use to get you to stop writing such drivel ?

— Amanda (@Pandamoanimum) June 29, 2015

« C’est toujours l’histoire d’Anastasia, mais le roman est bien plus réaliste – et bien plus effrayant », estime le quotidien britannique The Guardian. « Je n’avais pas de problèmes avec la série originale », écrit Jenny Colgan, qui n’hésite pas à qualifier le Christian Grey du nouveau roman de « psychopathe ».

« J’ai lu le nouveau 50 Nuances de Grey et c’était moins sexy qu’un examen oculaire », a estimé The Telegraph, qui énumère « le million de nuances du sexisme » dans le roman.

« Ça fait quoi de dire à des millions de femmes qu’être dans une relation abusive avec un homme, tant qu’il est riche, ça va ? », a interpellé un internaute.

#AskELJames what’s it like telling millions of women it’s okay to be in an abusive relationship as long as he’s rich. Asking for a friend.

— space prince matt (@DlCKJGRAYSON) June 29, 2015

« Une resucée de “50 Nuances de Grey” »

« Pourriez-vous s’il vous plaît ne jamais écrire de fanfictions sur Game of Thrones ? On a vu ce que ce que vous avez fait avec Twilight, et les dragons ont peur », a plaisanté un internaute.

#AskELJames Will you please never write fanfic for GoT ? We see what became of your Twilight fanfic and the dragons are frightened.

— Ser Jorah Mormont (@SerJorahBear) June 30, 2015

Le New York Times a adressé ses « condoléances aux 1,1 million de personnes qui se sont précipités dans les rayons pour acheter Grey de E.L. James dans les quatre jours qui ont suivi sa parution américaine ». « Tout ce que vous avez c’est une resucée de 50 Nuances de Grey », déplore Janet Maslin, qui estime qu’E.L. James « a une imagination limitée, et qu’elle a déjà été au bout de ce qu’elle pouvait ».

Il faut dire qu’E.L. James a repris la structure et les dialogues tels qu’ils avaient été publiés dans la première trilogie. L’auteur ne s’est pas vraiment foulé. Certaines scènes ne sont qu’un simple copié-collé du tome 1, avec les pensées de Grey en italique.

« Maître dans l’art de la répétition »

Le parti pris de l’auteur n’a pas séduit la critique et a déçu certains fans, mais n’a pas empêché le livre d’enchaîner les records. Pour surfer sur ce succès, la sortie de la version française, initialement prévue en septembre, a été avancée au 28 juillet.

Une version dont on peut malheureusement craindre le pire. Trois traducteurs (au lieu d’un habituellement) ont traduit les 556 pages du roman en seulement une semaine. 500.000 exemplaires ont ainsi été tirés en cinq jours seulement, au lieu de trois semaines. Un vrai marathon.

E.L. James est passée maître dans l’art de la répétition, estiment les critiques français. Une remarque confirmée par l’une des traductrices, qui confie au Parisien : « Les habitudes littéraires françaises tolèrent beaucoup moins la répétition du même mot à deux lignes près. » De quoi décourager les fans les plus opiniâtres.