Effeuillage : Le burlesque masculin à la conquête de la Ville lumière

Cabaret boylesque 4/4 Le cabaret burlesque n’est plus juste une affaire de femmes grâce au « boylesque », cette nouvelle vague de shows masculins sensuels, comiques et débridés. Ce modèle déjà bien développé chez les anglo-saxons commence à arriver en France…

Marie Tissier
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La troupe boylesque de Briefs
La troupe boylesque de Briefs — Briefs

Aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Australie et ailleurs, le « boylesque » a trouvé sa place et offre aux publics des spectacles burlesques mettant en scène principalement des artistes de la gent masculine.

Si Paris, son Montmartre, son Pigalle, son Montparnasse, a bien été dans les années 1920-1930 le berceau de l’apparition des premiers cabarets travestis (à l’image de Berlin et de New York), elle n’a pas su garder son avance en la matière. Alors que les shows masculins se sont transformés et ont évolués, notamment chez nos cousins anglo-saxons, la France s’en est tenue à un modèle plutôt traditionnel du cabaret. Mais depuis quelque temps, le mouvement « boylesque » semble frémir et tente de s’imposer sur la scène parisienne.

Déjà dans les années 1940

A l’image du spectacle de la troupe australienne Briefs Factory, venue présenter il y a quelques semaines son Briefs : The Second Coming à l’Européen, les artistes s’essayent - parfois par petites touches seulement - au public français. En 1940 pourtant, le Casino de Paris recevait le show de Vander Clyde, alias « Barbette », un travesti offrant un numéro de trapèze. L’artiste, tout en s’effeuillant, passait de l’extrême féminité à la masculinité pure. Un tour qui trouve aujourd’hui des échos dans presque tous les spectacles du genre.

En janvier prochain, le Casino de Paris retrouvera un peu de ces années passées, en accueillant le spectacle espagnol The Hole, dans lequel un des personnages, Pony Loco (photo), s’effeuille lors de numéros mêlant grâce et technique. « Nacho Sanchez, qui incarne le rôle, est un artiste très charismatique. Il capte très facilement l’audience comme sa compagne sur scène, Vinila Von Bismark », détaille Nicolas Ferru, le producteur français du show.

Un nom à coucher dehors, un charisme hors du commun, un sens artistique voire acrobatique développé, une fierté de la nudité, quelques paillettes et trois plumes : voici le prototype du personnage burlesque, décliné donc en boylesque.

Des stages d'initiation

En France donc, le mouvement commence à pénétrer timidement les scènes et les esprits. On croise sur Facebook des stages « Full Monty/Boylesque », ou autres initiations à l’effeuillage pour les garçons. Ainsi, Soa de Muse, un des rares français à avoir conquis le style, propose des cours au Studio Bleu, avec la Tassel Tease Company. Cet artiste, venu de la Martinique, est par exemple le seul homme de la troupe du Cabaret burlesque, qui se produit tous les week-ends jusqu’au 1er août à la Nouvelle Seine. Avec un corps parfait, un puissant bagou et un déhanché incroyable (« Je fais partie d’un groupe d’amis passionnés par le voguing, un style de danse qui est aussi un style de vie », révèle-t-il ainsi au blog soburlesque.com), il oscille entre le masculin et le féminin sans jamais se retrouver à côté.

Classique, sensuel, rococo, à chacun son style

Et à chaque artiste  son style. Le Français Mitch Tornade, plutôt classique, costume des années 1930, moustache et chemise blanche, l’Ecossais Tom DeLish qui mise sur sa part de féminité, l’Autrichien Jacques Patriaque, plus rococo… Et en troupe, comme les Canadiens de Boylesque To, ou même lors de concours télé, comme cette dynamique troupe australienne, Boylesque (vidéo), qui a remporté l’émission Everybody Dance Now tout simplement sur une chanson intitulée Parlez-vous français ?… A savoir désormais quel style remportera la préférence des Frenchies…