« Je fais du Solaar, entre poésie et rigolade »

©2007 20 minutes

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MC Solaar

Chanteur.

Depuis Mach 6, il y a quatre ans, où étiez-vous passé ?

J'ai fait une pause, histoire de vivre. J'ai revu des gens de l'école, j'ai écouté d'autres artistes en studio, j'ai voyagé, donné des concerts en Afrique, en Angleterre, ou encore au Brésil.

Comment définissez-vous ce septième album ?

J'ai mis tout ce que j'avais dans mon coeur avec quelque chose en plus : un regard plus global. Le côté « j'habite là, je viens de tel département et je raconte ce que je vois », je l'ai déjà fait. Là, je parle de la prolifération des armes légères ou de l'écologie.

Vous parlez aussi

des banlieues. Pourtant, vous n'y vivez plus depuis longtemps...

Je n'ai jamais fait de clichés sur la banlieue. Cette chanson pose juste la question du « cordon ombilical », à savoir : est-ce que quelqu'un comme moi qui vient de banlieue doit toujours y rester et avoir l'image de la banlieue ? Moi, j'ai eu la chance qu'on me pousse à faire de la musique et on ne m'a jamais reproché d'avoir réussi.

Certains estiment que vous ne faites plus du rap, mais de la chanson...

Je ne dis pas que je fais de la chanson ou du rap, je dis que je fais du « Solaar ». Si on parle de flow et d'oralité, je pense être un bon rappeur, pour le reste je me sens plus proche de Léonard Cohen ou Gainsbourg. Avec les autres rappeurs, on n'est pas sur les mêmes thèmes. Moi, je fais un art à part, je mélange de la poésie, de la joie, de la rigolade.

Selon vous, l'univers du rap a-t-il changé ?

Oui, à mes débuts c'était un univers underground, avec IAM, NTM et les autres, on se connaissait tous. Ce « mouvement » a perdu son aspect brut, son côté famille, mais le rap n'est pas plus violent qu'avant.

L'approche de la quarantaine, ça vous fait peur ?

Pas du tout. Je rencontre aussi bien des gens de 20 ans que de 50 ans. Je vais dans tous les cercles, c'est grâce à la « force » du rap. J'ai donc toutes les raisons d'être heureux.

CD MC Solaar se place en chroniqueur du monde, faisant référence au drame des enfants-soldats (Au clair de la lune), s'offrant son quart d'heure brésilien (Paris-Samba) ou piquant notre coeur avec une fiction amoureuse bien sentie (Coup d'oeil dans le métro).