Retour au noir des White Stripes

©2007 20 minutes

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Le sixième album des White Stripes, Icky Thump, sort à temps pour fêter les 10 ans du groupe. Affûtant leur rock minimaliste au fil des disques, les duettistes de Detroit affichent une pêche insolente. Après l'incursion dans la pop musclée sur Elephant et le baroque Get Behind Me Satan, ce nouvel album marque un retour aux sources blues et metal. Jack White balance des riffs solides, épaulé par Meg qui cogne sur sa batterie avec la vigueur d'un bébé gorille. Impossible de résister à ces chansons explosives et urgentes qui cohabitent avec des excentricités musicales défiant les genres. De la trompette mariachi pour Conquest, délire mexicain, à la cornemuse de Prickly Thorn But Sweetly Worn et St Andrew, deux titres qui sonnent comme des traditionnels écossais.

Séduisant dès la première écoute, ce disque s'avère vite plus complexe qu'il n'y paraît. Mine de rien, Jack White dénonce la répression des clandestins aux USA sur le single Icky Thump : « Eh, les Américains. Pourquoi ne vous foutez-vous pas à la porte ? Vous êtes aussi des émigrés. » Un couplet qui passe inaperçu au milieu du joyeux bordel régnant sur ce titre. Et c'est justement ce mélange de simplicité et de finesse, de candeur et de noirceur qui fait des White Stripes le groupe le plus excitant de la décennie.