« Je me suis inspirée de la commedia dell'arte »

©2007 20 minutes

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Julia Migenes

Soprano.

Qu'est-ce qui vous a décidé à mettre en scène Le Barbier de Séville ?

Au départ, j'ai dit non. Pour me faire changer d'avis, mon manager m'a fait croire que c'était un tout petit festival, loin de Paris, que presque personne n'irait voir. Alors, j'ai dit oui. En réalité, je pense que Tristan Duval, du festival Opéra en plein air, m'a proposé de monter Le Barbier de Séville en référence à mon rôle dans Carmen. L'histoire se passe aussi en Espagne, même si ni l'auteur ni le compositeur du Barbier ne sont espagnols.

Quel regard portez-vous sur l'oeuvre ?

C'est un opéra-bouffe qui prend ses racines dans la commedia dell'arte. Pour préparer ma mise en scène, en plus de lire l'oeuvre de Beaumarchais, d'apprendre les différents rôles et la musique, j'ai fait des recherches sur ce genre d'opéra. Je m'en suis inspirée pour le caractère et l'attitude scénique des personnages. C'est un style physique exagéré, un peu comme Charlie Chaplin dans ses films.

C'est votre première expérience

en tant que metteur en scène.

Plus exactement, c'est la première fois que je mets en scène pour les autres. Jusqu'à présent, je ne le faisais qu'avec mes propres spectacles. J'avoue que j'aurais préféré présenter ma première expérience dans une petite ville pour mieux corriger mes erreurs. Comme les spectacles de Broadway dont les premières représentations ont lieu en province pour le nettoyer en le confrontant au public.

Avez-vous d'autres projets

de mises en scène ?

Honnêtement, je ne sais pas si je vais le refaire. Mettre en scène est une belle expérience qui m'a permis de transmettre mon savoir à des jeunes chanteurs. Mais il faut aimer avoir de l'autorité sur les autres, et ce n'est pas dans mon caractère. Et puis, j'aime être sur scène.

représentation Ouf ! Le ciel était menaçant mais il n'a pas plu lors de la première, mercredi soir, dans les jardins du Sénat. Sur scène, Figaro, Rosina et le comte Almaviva, bien dirigés sous la baguette de Philippe Hui, mènent l'action tambour battant. Bien qu'un peu long (2 h 30 sans entracte) et en dépit de petits problèmes de son, le spectacle, très abouti, ne laisse aucun moment de répit. Julia Migenes introduit même des personnages muets pour modifier les décors entre les scènes.