Japan Expo: «Les débuts du jeu vidéo me manquent», confie Shigeru Miyamoto, créateur de Mario

FESTIVAL Le Japonais de 62 ans, convié à faire une masterclass, était l'invité exceptionnel de la Japan Expo à Paris ce vendredi...

Joel Metreau

— 

Shigeru Miyamoto, créateur de Mario, et Grégoire Hellot, traducteur et directeur de collection chez Kurokawa.
Shigeru Miyamoto, créateur de Mario, et Grégoire Hellot, traducteur et directeur de collection chez Kurokawa. — J. Metreau / 20 Minutes

Atmosphère glaciale pour accueillir une grande star du jeu vidéo. Mais la climatisation lancée à fond dans un immense hangar ne refroidit pas l’ardeur de centaines de personnes venues accueillir Shigeru Miyamoto, ce vendredi 3 juillet au parc des expositions de Paris-nord Villepinte. C’est la première fois que ce Japonais de 62 ans est accueilli par la Japan Expo. Miyamoto ? Un nom hélas toujours moins célèbre auprès du grand public que celui d’un des nombreux personnages qu’il a créé : le plombier Mario. « C’est un moment historique pour le festival », déclare Thomas Sirdey, cofondateur de l’événement qui a lieu jusqu’à dimanche, avant d’être rejoint sur scène par Miyamoto.

Des animaux sous forme humaine

Ceux qui espéraient la « masterclass » annoncée du maître auront été un peu déçus. Il s’agissait moins de revenir sur son travail au sein de Nintendo, ou encore de son approche du game design, que de la présentation de deux jeux vidéo à sortir sur Wii U, la console de salon de Nintendo, en fin d’année : StarFox Zero et Super Mario Maker. Du premier, on apprendra davantage des origines de StarFox. « Quand j’étais enfant je dessinais beaucoup d’animaux sous forme humaine, confie Miyamoto. Et je me suis dit qu’un renard ça allait bien avec un jeu d’action. Et à côté de chez moi il y a un temple où le messager des dieux est représenté sous la forme d’un renard. »

Un renard, puis une autruche

De la Légende de Zelda aux Pikmin en passant par les Mario, les représentations de la nature ont toujours été omniprésentes dans ses créations. Ainsi, après avoir évoqué « le plaisir d’être à nouveau directeur sur un jeu », il évoque un véhicule dont la démarche est empruntée… aux autruches. Pendant la démonstration, le public commence un peu à décrocher.

Pour la présentation de Super Mario Maker, Takashi Tezuka, le producteur, souvent considéré comme son « bras droit » monte sur scène. Miyamoto le taquine : « Cela fait trente ans qu’on travaille ensemble, c’est le premier designer que j’ai embauché moi-même. A l’époque il était davantage Luigi au niveau de la silhouette », faisant référence à l’embonpoint sous son tee-shirt.

Dessiner des yonkonma

Au passage, Miyamoto dévoile que, pour choisir ses candidats lors des entretiens d’embauche, il leur demandait de dessiner des yonkonma, des mangas en quatre cases. « Takashi Tezuka a choisi de faire pousser une barbe sur un homme en quatre cases, raconte Miyamoto. C’était drôle que ça ne soit pas drôle alors je l’ai embauché ! » Super Mario Maker, jeu de plateforme, a pour particularité, qu’on peut créer et partager ses niveaux. Petite surprise réservée aux deux Japonais, le Français Michel Ancel, créateur de Rayman, a réalisé un niveau inspiré de Pac-Man, que les deux hommes parcourent gamepad en main.

« Tout le monde faisait un peu tout »

S’ensuivent trois questions piochées sur Twitter. « Monsieur Miyamoto, êtes-vous nostalgique de vos débuts dans le jeu vidéo ? » « A l’époque, l’équipe et l’ambition étaient réduites, répond-il, maintenant c’est plus complexe. Les débuts me manquent mais avant un jeu réalisé à cinq ou six personnes prenait six mois de fabrication. Le concept de game designer n’existait pas, tout le monde faisait un peu tout. » Ce qui n’est pas sans doute pas le cas de Tsubasa Sakaguchi, qui arrive sur scène à la fin, pistolet à eau en main. Il s’agit du jeune directeur du dernier jeu de Nintendo, Splatoon. Rendez-vous dans trente ans pour voir si l’élève a dépassé le maître.