Le meilleur et le pire de Beats 1, la radio Internet à l'ancienne d'Apple

MUSIQUE Apple fait du vieux avec du neuf...

Philippe Berry

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Zane Lowe (à droite), en charge de la radio Beats 1, disponible exclusivement sur le service Apple Music.
Zane Lowe (à droite), en charge de la radio Beats 1, disponible exclusivement sur le service Apple Music. — APPLE

Lancé avec Apple Music lundi, Beats 1 est une radio mondiale diffusée en direct sur Internet, animée depuis Londres, New York et Los Angeles. Apple peut-il séduire les masses avec un concept quasi-FM ? On fait le bilan des premières 24 heures.

Le meilleur de la première journée

La sélection musicale. « Our genre is great. » Le patron de la station, Zane Lowe, débauché à la BBC Radio 1, annonce la couleur d’entrée : Beats 1 passe de la bonne musique, quels que soient les genres. Il a démarré avec la frénésie de Spring King, un groupe de rock tendance garage de Manchester inconnu de 99 % des auditeurs.

En reprenant le relais depuis Londres, la DJ Julie Adenuga a misé sur le hip-hop britannique de Jme.

Sur la première journée, les hipsters auront été ravis avec du Jamie XX, Chet Faker, The Knife, MS MR, Haim ou même du Stromae.

Les artistes aux manettes. St. Vincent a dévoilé les nouveaux morceaux de sa mixtape pendant une heure. Dans les prochains jours, on aura droit à une curation variée par Elton John, Disclosure ou encore Josh Homme, de Queens of the Stone Age. Certains artistes auront des émissions régulières, comme Jaden Smith, horripilant au cinéma mais qui possède un flow largement supérieur à celui de son père.

La possibilité de « liker » des chansons. Il y a eu des bugs au début, mais on peut bookmarker un titre pour l’ajouter à sa playlist personnelle afin de l’écouter plus tard. A condition que les droits soient disponibles en streaming, ce qui n’est pas toujours le cas, surtout pour certaines nouveautés.

 

Le pire de la première journée

Des animateurs bien trop bavards. Pour rappeler que l’on est sur une radio, les animateurs ont la fâcheuse tendance de parler par-dessus le début et la fin des morceaux, à coup de « Exclusive on Beats 1, live world radio ».

La répétition de la chanson du jour. Zane Lowe a bien dû passer cinq fois le nouveau titre de Pharrell en l’espace de deux heures. Pour le reste heureusement, peu, voire pas du tout, de redite.

La sélection musicale. Si elle est plutôt de qualité, certains artistes au talent discutable ternissent un peu le bilan. A commencer par Ariana Grande ou Selena Gomez. Des vieux titres (de Blink 182, Depeche Mode, Jay Z) sont mélangés aléatoirement, sans grande cohérence.

La censure. On est chez Apple, Beats passe donc des versions « clean ». C’est fort dommage, surtout pour du Asap Rocky.

Un concept du passé. On a beau être sur le Web, cela reste une radio à l’ancienne, en direct. On ne peut donc pas sauter de chansons. Pour l’instant, Apple ne propose pas encore de podcasts pour réécouter les émissions. L’influent analyste musique Bob Lefsetz résume : « Beats 1 est basé sur un paradigme du passé : que tout le monde veut écouter la même chose au même moment. » Ouch.