Congo, Yodelice et Myspace : La chanteuse Jain se dévoile

MUSIQUE La chanteuse, protégée de Yodelice, vient de sortir son mini-album et sera sur scène à Solidays samedi. Elle a retracé son parcours pour 20 Minutes... 

Dolores Bakela

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Jain sera au festival Solidays le 27 juin 2015
Jain sera au festival Solidays le 27 juin 2015 — Carcasse

Elle met sa petite robe noire cerclée de blanc et Jeanne devient Jain. La chanteuse de 23 ans vient de sortir son premier mini-album Hope, un recueil de chansons pop en anglais ourlées d’électro, dont elle a réalisé la pochette. Elle la portera sans doute lors de son premier concert à Solidays ce samedi. L’austérité de ce vêtement, indispensable-pièce-dans-la-penderie-de-toute-fashionista-qui-se-respecte, lui plaît, comme si elle passait un uniforme.

« Le public ne peut pas deviner quel genre de musique je fais, comme ça », explique l’artiste au téléphone à 20 Minutes. Folk, reggae, pop, world… Jain veut naviguer entre les styles sans être étiquetée, monter sur scène, à laquelle elle s’est frotté lors des premières parties du chanteur Seal ou dans les bars-concerts parisiens qu’elle a couru pendant trois ans, après des études d’art pour créer la surprise. Paradoxal pour celle qui se dit « timide » ? « Quand j’ai commencé la musique, au lycée, je n’avais pas osé en parler autour de moi », confesse-t-elle encore.

La musique, la bourlingue

La Toulousaine écrit ses premiers textes, en anglais, à 16 ans alors qu’elle réside au Congo-Brazzaville, où, après avoir vécu à Pau, puis à Dubaï trois ans, sa famille s’expatrie en raison des obligations professionnelles de son père. À la maison, on écoute « de la très bonne musique », comme Janis Joplin, Otis Redding, la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, légendaire interprète de Pata Pata, ou encore les artistes maliens Salif Keïta ou Oumou Sangaré.

Elle passe quatre ans dans ce pays riche en pétrole, deuxième étape de son adolescence voyageuse, qui l’a mené à Abu Dhabi où elle passe son bac, avant d’intégrer une prépa d’art parisienne. « On vivait à Pointe-Noire, une ville au sud du pays, c’est un peu cliché, mais les gens étaient très joyeux, très vivants, la musique très présente. Cela m’a donné envie d’en faire ; j’étais ado, déracinée et j’avais besoin de m’exprimer », explique Jain.

Fondue de « black music »

Sur place, sa rencontre avec le beatmaker Flash lui permet de découvrir le monde de la production musicale. « Il avait un petit studio où j’allais enregistrer mes maquettes. » Ces dernières atterrissent sur son Myspace, qui a permis de découvrir Lily Allen ou Orelsan entre autres. Un certain Maxime Nucci, connu également sous son nom de scène Yodelice, la repère. Coup de foudre artistique. Ils commencent à travailler sur son mini-album, lorsqu’elle revient à Paris pendant les vacances d’été et sur Come, où Jain, dont la mère est à moitié malgache, dit en anglais que « son âme est en Afrique ». Le clip vient d’être réalisé par le duo Greg et Lio.

« Cet EP a grandi avec moi. Makeba est une chanson récente », souligne la chanteuse, qui avoue un goût immodéré pour « la black music » et le rap et n’exclut pas de chanter en duo avec des artistes qu’elle aime beaucoup comme Oumou Sangaré ou encore Orelsan. Cela n’est pas prévu pour son premier album, achevé et disponible en octobre.

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