Shin Kyung-Sook, écrivaine sud-coréenne renommée, reconnaît avoir recopié Yukio Mishima

PLAGIAT Les nouvelles des deux auteurs évoquent des jeunes mariés au début du XXe siècle ainsi que les thèmes de l'amour et de la mort...

20 Minutes avec AFP

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L'écrivaine sud-coréenne Shin Kyung-Sook. Lancer le diaporama
L'écrivaine sud-coréenne Shin Kyung-Sook. — YONHAP / AFP

Une écrivaine sud-coréenne de renommée internationale accusée d'avoir plagié l'auteur japonais Yukio Mishima a présenté ses excuses au public dans un journal sud-coréen. Cette affirmation a fait scandale en Corée du Sud, certains réclamant même qu'une enquête pour fraude soit ouverte à son encontre par le parquet de Séoul.

Des paragraphes empruntés à «Patriotisme»

Shin Kyung-Sook, lauréate entre autres du prix littéraire Man Asian, a été mise en cause pour plagiat la semaine dernière. Le critique littéraire Lee Eung-Jun a écrit dans un essai publié en ligne que dans la nouvelle Légende, publiée en 1996, Shing Kyung-Sook avait emprunté plusieurs paragraphes à la nouvelle Patriotisme écrite par Mishima en 1960.

Yukio Mishima, écrivain japonais, décédé en 1970. - : /NEWSCOM/SIPA

 

La semaine dernière, l'auteur qui est éditée en français chez Philippe Picquier et OH Edition, avait démenti avoir lu Patriotisme. Mais dans un entretien publié mardi par le journal Kyunghyang, elle a reconnu la possibilité d'un plagiat, expliquant qu'elle ne pouvait plus désormais faire confiance à sa mémoire. «J'ai comparé à plusieurs reprises les phrases dans les deux ouvrages (....) et je me suis rendu compte qu'il était légitime que certains soulèvent la question d'un plagiat», dit-elle. «Cette situation est entièrement de ma faute, je suis vraiment désolée».

L'aspect érotique des relations entre les protagonistes

Les deux nouvelles évoquent des jeunes mariés au début du XXe siècle ainsi que les thèmes de l'amour et de la mort. Les paragraphes en question décrivent l'aspect érotique des relations entre les protagonistes. Mishima, poète, romancier, auteur de pièces de théâtres, fut pressenti à trois reprises pour le Nobel de littérature avant son suicide en 1970. L'éditeur de Séoul Changbi Publishers a annoncé l'arrêt immédiat des impressions du recueil contenant la nouvelle litigieuse, a dit un porte-parole à l'AFP.

«Prends soin de maman», un best-seller international

L'écrivaine de 52 ans représente à l'étranger la littérature sud-coréenne depuis le prix Man Asian décerné en 2012 pour Prends soin de maman, un best-seller international. Ce roman sur l'amour familial, s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires en Corée du Sud. Il a été publié dans une trentaine de pays, se faisant une place sur la liste des best-sellers du New York Times après avoir été traduit en anglais en 2011.