Taylor Swift fait plier Apple: C'est la victoire des labels indépendants

MUSIQUE L'artiste s'est fait l'écho du refus de Beggars Banquet Records, célèbre maison de disques de la chanteuse Adele, plus grosse vendeuse de la décennie à ce jour... 

Dolores Bakela

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Taylor Swift en juin 2015.
Taylor Swift en juin 2015. — Devin Simmons/SIPA

Ce que Taylor Swift veut, Apple le veut ? La plus grosse vendeuse de disques de l’année 2014 réagissait sur son Tumblr à la décision du géant de ne pas la rémunérer pour ses chansons qui seraient écoutées en ligne gratuitement pendant une période d’essai de trois mois réservée aux nouveaux abonnés. Une note de blog pour faire plier la firme aura donc suffi ?

« Ils nous écoutent. » Ce sont les mots qu’a écrits la chanteuse Taylor Swift, après qu’Apple, l’ayant appelée personnellement pour lui faire savoir, a décidé de revenir sur sa politique tarifaire. L’artiste de 21 ans soulignait qu’elle ne se battait pas pour elle. Elle travaille en effet « sur son cinquième album et peut subvenir à ses besoins, ceux de son groupe, de son équipe en faisant des concerts ». Son combat concerne « le nouvel artiste ou le groupe qui vient juste de sortir son premier single et ne sera pas payé pour son succès ».

Les plus grosses vendeuses de disques ne sont pas dans des majors

Et si ce refus de Taylor Swift marquait la victoire des (gros) indépendants ? Il était le même que celui du label indie Beggars Banquet Records, regroupant des artistes comme FKA Twigs ou Adele. Cette dernière, officiellement encore en discussion avec Sony pour changer de label, est la plus grosse vendeuse d’albums de la décennie pour le moment, comme le rappelait Telegraph. Un argument de poids, signe que plus que jamais, dans l’industrie musicale, l’union doit faire la force.

Et Taylor Swift, depuis qu’elle a troqué sa toison blonde et bouclée pour un carré sage avec une mèche à la Justin Bieber période Baby, la country pour la pop et son label RCA pour la structure indépendante Big Machine Records, l’a bien compris. Grâce aux réseaux sociaux notamment, elle se construit une stature de pasionaria de l’industrie musicale, en lutte contre les mauvais payeurs, la presse à scandale et le machisme en général.

Combats 2.0

Niveau streaming, Taylor Swift n’en est pas à son premier coup d’essai. Après avoir annoncé qu’elle retirait toutes ses œuvres de Spotify, on l’a vue traîner avec Jay Z et Beyoncé, qu’elle a même invités à venir fêter ses 25 ans dans son domicile new-yorkais. Leur amitié a également été le socle d’un partenariat dans le business puisqu’elle a rejoint Tidal, le site de streaming monté par Jay Z, qui dit aussi œuvrer pour les artistes.

Les magazines people font régulièrement les frais de ses démentis cinglants sur Twitter, où Taylor Swift s’occupe de démonter les approximations ou les formules jugées sexistes et soutient ses consœurs qui font de même, comme Ariana Grande. Lors des Billboard Awards, qui récompensent les artistes qui ont le plus vendu d’albums au cours de l’année, Taylor Swift a diffusé son clip Bad Blood, au casting presque exclusivement féminin, si on excepte Kendrick Lamar, qui rappe sur le titre. Lamar qui cartonne avec son deuxième album To Pimp a Butterfly, sorti sur le label Top Dawg Entertainement (TDE). Encore un indépendant.