«Space Girls»: Les femmes aussi veulent conquérir l’espace

CULTURE Sipa Press et l’Agence spatiale européenne dressent le portrait de trois générations de femmes passionnées par l’espace dans une exposition installée au Musée des arts et métiers de Paris dès ce jeudi 18 juin…

Anaëlle Grondin

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Fatoumata Kebe termine sa thèse en astronomie à l'Observatoire de Paris.
Fatoumata Kebe termine sa thèse en astronomie à l'Observatoire de Paris. — GEAI/SIPA

Les femmes sont sous-représentées dans les carrières scientifiques et techniques (17 % en moyenne des ingénieurs en France). Mais elles n’ont pas moins la tête dans les étoiles. A l’occasion du cinquantenaire de l’Agence spatiale européenne, l’agence de photojournalisme Sipa a envoyé une équipe de femmes reporters à la rencontre de 18 jeunes filles et femmes passionnées par l’espace. Ces portraits font l’objet de l’exposition Space Girls Space Women au musée Arts et métiers de Paris à partir de ce jeudi et jusqu’au mois de novembre.

« On voulait montrer le rôle des femmes dans le secteur. Et on voulait que ce soit représenté par des femmes reporters, explique à 20 Minutes Miguel Ferro, président de SIPA et producteur du projet et de l’exposition Space Girls Space Women. Ça change, car de mon expérience, elles ont un regard différent, une analyse différente. C’était important pour capturer tous les aspects qui auraient peut-être échappé à des hommes. » Les différents portraits ont été réalisés sur les cinq continents. Ils vont de jeunes filles qui participent à des space camps à des astronautes, en passant par une responsable du programme spatial indien ou du télescope le plus haut du monde au Chili. « La présence des femmes dans ce secteur ne fait qu’augmenter, se réjouit-il. L’espace fait rêver tout le monde. »

Fatoumata Kebe à Paris. Crédit photo: GEAI/SIPA

A 29 ans, Fatoumata Kebe fait partie de ces « Space Girls » rencontrées par Sipa Press. La jeune femme est doctorante en astronomie à l’Observatoire de Paris. Elle termine sa thèse. Sa spécialité ? « Les débris spatiaux, vestiges d’activité humaine dans l’espace, incontrôlables et donc dangereux », explique-t-elle à 20 Minutes. Elle travaille sur leur trajectoire et sur les moyens de nettoyer l’espace de ces débris.

Marie-Bertille, 16 ans, s'apprête à lancer dans les airs sa propre fusée à Biscarrosse dans les Landes. Crédit photo : GEAI/SIPA.

« Les photos [de l’exposition] sont superbes. Il y a plein de situations représentées. Comme une jeune fille dans un centre de vacances avec sa fusée. Je me suis revue à plusieurs étapes de ma vie. C’est un beau projet pour montrer toute l’étendue de ce que l’on peut faire. »

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Mais surtout, « l’exposition permet de donner un regard moins technique et plus humain sur le domaine spatial, de dire qu’il y a des femmes qui font telle ou telle chose, de leur donner une visibilité dans ce domaine », indique Fatoumata Kebe. « C’est important de donner des modèles aux jeunes filles. En France, à part Claudie Haigneré, il n’y a pas vraiment de modèle dans le domaine spatial », déplore-t-elle. Malgré tout, cela n’a pas empêché la jeune femme d’aller de l’avant dans ses études. « Je n’ai jamais été découragée, car c’était ma passion ».

Miguel Ferro confie avoir été particulièrement touché par le portrait de Fatoumata Kebe. « Elle vient d’un milieu relativement modeste. Elle a décidé très tôt dans sa vie qu’elle voulait faire une carrière dans ce secteur et l’a construite. Cette photo est sublime. Je pense qu’elle est un exemple pour plein de jeunes filles ». Selon le président de Sipa, « les modèles existent mais ne sont pas médiatisés ». « Il y a des femmes qui ont des rôles importants dans cette industrie, insiste-t-il. J’espère que l’exposition sera le début d’une médiatisation grandissante. »

L'astronome Catherine Vlahakis devant le télescope Alma (Atacama Large Millimeter Array) au Chili. Crédit photo: ELIANO/SIPA