Rufus Wainwright, un romantique racé

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Le cinquième album de Rufus Wainwright devait être dépouillé. C'est ce qu'avait annoncé le songwriter canadien avant d'enregistrer Release the Stars à Berlin. Sur place, happé par l'ambiance romantique de la ville, il a succombé à son amour pour l'opéra. C'est donc un album tout sauf minimaliste qu'on découvre avec bonheur.

Mélodies oscillant entre légèreté et mélancolie, cordes, choeurs (signés par Martha, sa soeur) : on a droit au grand jeu. Mais là où des artistes comme Mika sombrent dans la tentation du gâteau à la crème sonore, trop chargé pour être savoureux, Rufus Wainwright ne se départit pas de son élégance.

Ses compositions plongées dans une atmosphère désuète évoquent plus The Divine Comedy que les excès flamboyants de Freddy Mercury. Et lorsqu'il signe une chanson pop comme Between My Legs, il lui donne de l'épaisseur en y ajoutant un passage parlé de Sian Phillips, actrice galloise connue pour ses rôles inquiétants. Le fond est aussi soigné que la forme, puisqu'au milieu de ses histoires de coeur, Wainwright parle politique. Le morceau Going to a Town réjouira les fans européens avec ses couplets doux-amers et son leitmotiv lapidaire « J'en ai tellement marre de l'Amérique ».

Epaulé par Neil Tennant, des Pet Shop Boys, dans le rôle de producteur exécutif, le Canadien signe un album personnel et commercial au bon sens du terme qui, l'air de rien, monte un peu partout dans les charts.