Quand la reprise dépasse l'originale...

MUSIQUE 20minutes.fr ouvre le débat : êtes-vous plutôt Ben Harper ou Marvin Gaye ? Bob Dylan ou Sam Cooke? Marilyn Manson ou Eurythmics?

Sandrine Cochard

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Ben Harper, Marilyn Manson, Nancy Sinatra et Jeff Buckley: ces artistes ont tous repris avec succès une chanson, mythique ou non.
Ben Harper, Marilyn Manson, Nancy Sinatra et Jeff Buckley: ces artistes ont tous repris avec succès une chanson, mythique ou non. — no credit

Pour commémorer les dix ans de la disparition de Jeff Buckley, Sony sort une compilation de ses plus belles chansons, parmi lesquelles son inoubliable reprise d’«Hallelujah» qui surclasse la version de Leonard Cohen. L’occasion, pour 20minutes.fr d’ouvrir le débat : êtes-vous plutôt VO ou reprise ?

La version originale très comédie musicale de Leonard Cohen, qui chante les mains dans les poches :



Et voici celle de Jeff Buckley. Les femmes qui avaient quinze ans dans les années 1990 ne s’en sont toujours pas remises et cherchent un nouvel écorché vif pour qui s’enflammer.



Dans la famille Buckley, le père Tim, également à fleur de peau, est l’auteur de la magnifique chanson «Song to the siren».


Tim Buckley - Song to the Siren
envoyé par jugatsu


Tombée dans l’oubli, elle ne sera redécouverte qu’en 1984 avec la reprise ésotérique et planante du groupe This mortal coil, portée par la voix de la chanteuse Elisabeth Fraser :



Passé maître dans l’art de la reprise, Marilyn Manson s’attaque aussi bien à la bluette gay Tainted Love, de Soft Cell, ici en version originale



Ici, version gothique :


TAINTED LOVE Marilyn Manson
envoyé par Acid-X


Qu’au «Sweet dreams» du groupe Eurythmics, ici en VO :



Et là, version Manson. Ames sensibles s’abstenir :



Au chapitre des reprises qui surclassent les versions originales, comment ne pas évoquer Erma Franklin, petite sœur injustement tombée dans l’oubli d’Aretha, qui redonne à la chanson «Son of a preacher man» toute sa dimension soul (la magie commence à 1’25'') :



Ici, la version originale de Dusty Springfield, entendue dans le film «Pulp Fiction» de Quentin Tarentino :


DUSTY SPRINGFIELD SON OF A PREACHER MAN
envoyé par huntylch


Nancy Sinatra fait partie de la longue lignée d’artistes, dont le King himself, qui se sont essayés à cette ballade faussement innocente :



Récemment, la nouvelle sensation soul Joss Stone s’y est essayée, toute corde vocale dehors. Ressentez-vous également une petite gêne pour la demoiselle ?



Dans le registre too much, il y a aussi la version borderline de Julien Doré, de la Nouvelle Star sur «I put a spell on you» de Screaming Jay Hawking. Mais là, ça passe.



La version originale, qui repose entièrement sur la personnalité barrée de Screaming Jay Hawking, est tout aussi délirante, la puissance musicale en moins :



Pour ceux que les criards effraient, voici la version de Nina Simone, plus jazzy :



Période prospère des reprises multiples, les années 1960 regorgent de pépites. Ainsi, la chanson de Sam Cooke, «A change is gonna come», chant engagé perçu comme un hymne de la lutte des noirs pour les droits civiques, était déjà taillée pour le succès dans sa version originale.



Elle a ensuite été magnifiée par Otis Redding :



Avant d’être massacrée par Bob Dylan qui ne parvient pas à lui insuffler l’insolence de sa grande époque :



Bob Dylan en grande forme, ça donne l’inoubliable «M. Tambourine Man» :



Chanson popularisée auprès de jeunes filles hystériques par les Byrds :



On poursuit dans la soul, avec le grand succès de Marvin Gaye, «Sexual healing» :



Ici version acoustique je-tombe-les-filles-au-coin-du-feu de Ben Harper :



Pour les amateurs de rock, savez-vous de qui s’est inspiré le groupe britannique Muse pour cette chanson ?



Et oui, de Nina Simone :



Enfin, quand une pointure de la guitare électrique s’attaque à un morceau de génie du blues, «Mannish boy», ça donne ça :



La version originale reste la meilleure. Hommage à Muddy Waters :



Et vous, laquelle préférez-vous ?